La pensée positive, qu’est-ce que c’est ? #2

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Dans un premier billet, j’ai résumé ma vision de la pensée positive en ces termes :

  • c’est se réjouir de ce que l’on a plutôt que de regretter ce que l’on n’a pas
  • c’est s’efforcer, dans chaque situation, d’en retirer au moins un élément positif
  • c’est être parfaitement conscient de ce qui ne va pas, croire quand même en un avenir meilleur et choisir d’œuvrer dans ce sens

Il me reste à aborder le point le plus important : quand on pratique la pensée positive, quand on s’efforce de voir le verre à moitié plein, que faire de nos émotions négatives ? La question mérite d’être posée, d’autant plus que nous vivons dans une société qui nous apprend à refouler nos émotions. Il faut rentrer dans le rang, ne surtout pas faire de vague. La question « Comment ça va ? » est devenue purement rhétorique, une formule de politesse automatique et totalement détachée de son sens premier. Nous avons un mal fou à répondre autre chose qu’un « Ça va » tout aussi machinal et dénué de sens, même si nous traînons parfois un mal-être qui nous fait hurler intérieurement.

A un moment donné, quand on m’a demandé comment j’envisageais d’accompagner des personnes en coaching ou en thérapie, j’ai répondu que j’avais envie de rendre leur voix aux gens. Ces hurlements qu’on ne pousse pas, ces sanglots qu’on ravale, ces protestations qu’on étouffe, j’aimerais qu’ils puissent sortir. Parce qu’il ne saurait y avoir de pensée, ou tout au moins de vision positive, quand on réprime tout ce qu’on ressent, le bon comme le mauvais. Parce qu’à fort de refouler le négatif, on finit par se déconnecter de soi-même et oublier le positif aussi.

Ça n’est sans doute pas un hasard si j’ai été amenée à dire plusieurs fois autour de moi ces derniers temps : « Vous avez le droit de ressentir TOUT ce que vous ressentez. Vous avez le droit d’être en colère, vous avez le droit d’avoir peur, vous avez le droit d’être énervé, triste ou impatient. Autorisez-vous à ressentir vos émotions, quelles qu’elles soient. » Je suis convaincue qu’admettre la présence de ces émotions négatives et les accueillir en soi permet justement de prendre du recul. Quand on les nie, quand on les étouffe, on finit par exploser et s’en prendre à son entourage. (J’étais une spécialiste en la matière). Mais on n’est pas obligé de réagir d’une manière aussi destructrice. On peut prendre des mesures actives pour laisser ces émotions nous traverser et s’en aller :

  • on peut méditer. (J’avoue, la méditation fait des miracles sur moi, mais pas quand je suis énervée.)
  • on peut écrire dans son journal (ou sur un bout de papier qui traîne, son ordinateur ou son téléphone). C’est une technique assez géniale pour découvrir ce qui se cache derrière l’émotion en question. On commence par décrire l’état dans lequel on est et on se retrouve bien souvent entraîné à écrire des choses qui nous permettent d’y voir plus clair.
  • mais on n’est pas non plus obligé de passer par le mental et la rationalisation, on peut aussi s’enfermer quelque part et hurler ou pleurer un bon coup (l’une des solutions qui marche le mieux pour moi ou qui a en tout cas l’avantage de me procurer un soulagement immédiat).

Je sais que j’insiste énormément là-dessus, mais il ne faut vraiment pas confondre pensée positive et politique de l’autruche. Dire « je vais bien » quand ça va mal, ce n’est pas voir le verre à moitié plein, c’est se leurrer soi-même. Qu’est-ce que j’aimerais que les gens répondent sincèrement à la question : « Comment va ? » ! Qu’est-ce que j’aimerais qu’on puisse dire : « Ben là, ça va pas fort. » Ça ne veut pas dire que vous êtes obligé de déverser vos problèmes sur la personne qui vous a posé la question mais, au moins, vous êtes sincère avec vous-même (et c’est encore plus important que de l’être vis-à-vis de votre interlocuteur). Ce n’est pas facile, hein, c’est tellement ancré en nous, mais moi-même, j’aimerais arriver à dire  « Ben là, ça va pas fort, mais ça va passer. » Parce que c’est vrai, la plupart du temps, ça finit par passer. Et ça passe d’autant plus vite que vous avez accueilli votre émotion négative, quelle qu’elle soit. Vous avez admis sa présence, vous savez qu’elle est là et vous faites avec, donc elle n’a plus besoin d’attirer votre attention et vous, vous ne gaspillez pas votre énergie à essayer de l’enfouir au plus profond de vous. (Enfouir une peur, une colère, une frustration, un doute, c’est le meilleur moyen pour que ça vous revienne en pleine figure quelques jours, quelques mois ou quelques années plus tard. C’est totalement contre-productif et potentiellement dangereux pour votre santé physique et/ou mentale.)

Pour conclure, si je devais résumer en une phrase, je dirais : la pensée positive, c’est accueillir toutes ses émotions sans les juger et se donner le droit d’aller mal pour faire en sorte qu’après ça aille mieux. Je commence à connaître un certain nombre d’astuces ou de techniques, comme celles que j’ai citées plus haut, pour m’aider à aller mieux et je compte bien continuer à les partager avec vous !


5 réflexions sur “La pensée positive, qu’est-ce que c’est ? #2

  1. Voilà un truc que j’avais mis du temps à comprendre sur la pensée positive… J’étais du genre à dire « je vais bien, tout va bien » même si ce n’était pas vrai en espérant que ça finisse par devenir réalité…
    Reste que les émotions négatives ne sont pas toujours faciles à gérer aussi bien par soi-même que par l’entourage. Mon homme, par exemple, a encore du mal à me voir et me laisser pleurer, même si je lui dis et lui redis que ça fait partie du processus pour me sentir mieux.

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    1. Je ne suis pas contre la méthode Coué tant qu’on ne s’en sert pas pour refouler ses émotions 😉 Mais, clairement, ça n’est pas simple de gérer ses émotions négatives, et tu as tout à fait raison de mentionner l’entourage. Déjà, c’est bien que tu puisses pleurer devant ton homme et lui expliquer que ça t’aide à te sentir mieux. Tout le monde n’ose pas se montrer sous un jour aussi vulnérable. (Ahem) (Mais j’ai fait beaucoup de progrès ces dernières semaines ^^) Je crois qu’il faut beaucoup de patience des deux côtés et j’espère que ça ne t’empêche pas d’exprimer quand même ce que tu ressens.

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      1. Nous avons fait beaucoup de progrès ces dernières années. Vu que nous avons un passé d’amoureux/amis adolescents avec toute l’intensité d’émotions de cet âge, me voir pleurer réveillait en lui des émotions liées à cette période ;-). En plus, vu l’histoire de laquelle je sortais, il s’est mis une grosse pression pour me « rendre heureuse », les turbulences de nos 1ères années de vie commune (à cause de sa fille) n’ont pas aidé à la sérénité de la relation entre nous. Petit à petit, avec beaucoup de patience, oui, j’ai pu lui faire comprendre que ça ne mettait pas notre amour en danger et désormais, dans les discussions à sujets sensibles (qui deviennent plus rares), nous parvenons mieux lui et moi à nous écouter mutuellement. Il sait que je fais attention à ma manière de formuler les choses mais que parfois, malheureusement, les choses qui sortent peuvent être blessantes, et que de toutes façons ce n’est jamais dit pour le blesser mais pour essayer d’exprimer ce que je ressens et pouvoir avancer ensembles. Du coup, moi aussi je suis moins stressée par ses réactions, j’écoute mieux son point de vue et voilà 🙂
        Pleurer avec quelqu’un qui accueille tes pleurs plutôt que de gueuler « arrête de chialer » (c’est du vécu), ça n’a pas de prix. Et du coup, je pleure moins longtemps 🙂

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