Instantanés indiens

Sunset Kovalam Inde India Plage Beach

Toutes les plages du monde se ressemblent.

Il y a des couples d’amoureux qui se tiennent par la main quel que soit leur âge, des enfants qui jouent dans les vagues et des oiseaux qui se posent sur le sable. Mais à Kovalam, au pied du phare dont les rayures rouges et blanches ne dépareraient pas en Bretagne, les oiseaux sont des corbeaux, le sable est en partie noir et les vagues sont énormes, vraiment énormes.

Deux enfants jouent tout au bord, allongés dans quelques centimètres d’eau. Pas besoin de parler la même langue pour se comprendre, le sourire que j’échange avec le petit garçon est un langage universel, tout comme la lueur de joie qui brille dans ses yeux.

Devant moi, un jeune couple d’Indiens marche dans l’eau. Elle porte une tunique en soie bleue et or et un pantalon doré. On a beau relever nos pantalons pour ne pas se faire trop mouiller, il y a des trous dans le sable, et on se retrouve parfois dans l’eau jusqu’aux genoux. Ça nous fait rire, Lucile, moi et les jeunes Indiens.

Sur le sable, un petit garçon d’environ deux ans court en riant aux éclats. Son père fait mine de le rattraper, il accélère. Leur joie a quelque chose de touchant.

Les saris côtoient les shorts en jean, les maillots de bain et les niqabs. Je ne sens pas de tensions particulières. Peut-être qu’il y a encore des endroits que la bêtise du monde n’atteint pas. Ça fait du bien au cœur et à l’âme, surtout en ce moment.

Sur le front de mer, les boutiques de fringues, de bijoux et de souvenirs côtoient les restaurants de poissons (mais pas que). Il y a aussi les marchands ambulants qui nous accostent pour vendre des tentures, des foulards ou des brûleurs d’encens. Un simple « No thanks » accompagné d’un sourire suffit généralement à les décourager. Je l’ai déjà écrit et je vais beaucoup me répéter, mais les Indiens sont incroyablement gentils.

Au restaurant, on se régale de plats végétariens en regardant le soleil se coucher. A côté de nous, une Anglaise visiblement habituée des lieux appelle le serveur par son prénom et lui demande le code Wi-Fi du jour. De l’autre côté, une famille indienne termine de dîner. Le père et la mère ont le nez dans leur smartphone pendant que leur petite fille joue avec une baguette en plastique lumineuse, le genre de gadget qui fait rêver tous les gamins du monde.

Une famille nombreuse se promène devant le restaurant. L’un des enfants s’éloigne un peu trop, la mère le rappelle à l’ordre. C’est chiant comme ça, une maman. C’est son rôle.

Toutes les plages du monde se ressemblent, mais les humains aussi. On a tellement plus de choses en commun que ce que l’on voudrait nous faire croire, tellement de choses qui nous rapprochent au lieu de nous diviser. A ceux qui prêchent la peur de l’autre et qui veulent construire des murs pour nous séparer, à ceux qui veulent renvoyer les réfugiés dans leur pays en guerre ou les laisser crever en mer, je réponds que l’autre est un autre nous-mêmes et qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour s’en rendre compte.


10 réflexions sur “Instantanés indiens

  1. Wah. Eh bien celui-là me va droit au coeur. Je crois que c’est mon premier commentaire même si je te lis depuis assez longtemps, et je devrais te le dire plus souvent : tes mots m’apportent beaucoup. Merci de partager ton regard !

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