[Pensée positive] Stop, j’en ai marre de broyer du noir (et d’avoir des emmerdes)

Pensée positive peur désespoir dépression

L’Univers est joueur. Vendredi, mon ordinateur m’a lâché au moment où je reprenais le boulot après un mois de chômage technique. Samedi, je suis tombée en panne 20 minutes après m’être réjouie, sur Facebook et Instagram, de la liberté que m’offrait la voiture. Et, cerise sur le gâteau, j’ai dû gérer la crise avec 17% de batterie sur mon portable.

Il fut un temps où j’en aurais pleuré, ne serait-ce que de rage. Mais je ne l’ai pas fait. Au contraire, pour la première fois depuis des mois, je me suis sentie étrangement calme. J’étais dépitée, évidemment. Et j’avais peur que mon portable me lâche au plus mauvais moment. Mais j’avais confiance. Je savais qu’il y avait des solutions. Si je m’étais retrouvée sans téléphone, j’étais prête à demander de l’aide à de parfaits inconnus et je sais que je l’aurais obtenue. (The Art of Asking, le livre d’Amanda Palmer n’est sans doute pas pour rien dans cette confiance en l’altruisme des gens.)

L’ironie, c’est que je me prends la tête depuis des mois pour rien. Entendons-nous bien, mes angoisses et mes coups de déprime étaient valides, toutes nos émotions le sont. Mais elles n’étaient pas légitimes dans le sens où tout allait bien dans ma vie, et je n’avais aucune raison, sur le papier, d’aller si mal. Ce qui, toutes les personnes dépressives vous le diront, ne fait qu’accentuer le problème : on se sent encore plus mal parce qu’on a le sentiment qu’on devrait aller bien et qu’on est, quelque part, ingrat-e ou juste… nul-le.

J’ai choisi la pire des réactions : je me suis enfermée dans ma tête et j’ai ressassé, en boucle, tous mes problèmes. Ou ce que je croyais être mes problèmes, et qui n’étaient en fait que des émotions difficiles à gérer, de vieilles peurs, de vieux traumatismes. Je n’arrête pas de dire qu’il faut accueillir toutes ses émotions, quelles qu’elles soient, et je le pense toujours. Sauf que je ne me suis pas contentée de les accueillir, je les ai laissées me bouffer.

Résultat, j’étais comme anesthésiée. Cette photo samedi soir pour illustrer ma nouvelle liberté, c’était une tentative de sortir de ma torpeur. Parce que je n’ai pas ressenti d’explosion de joie en apprenant que j’avais mon permis. Je savais que j’aurais dû être heureuse, alors j’ai fait semblant. Mais, à l’intérieur, rien. Peut-être une vague sensation de soulagement à l’idée que ce long parcours du combattant était enfin fini, et encore.

Il n’y avait de place en moi, ces derniers temps, que pour la peur. La peur d’avancer, la peur de ne plus avoir de boulot, la peur de bousiller mon couple, la peur de manquer d’argent, la peur de prendre des décisions, la peur de tout.

Et voilà qu’au moment où j’aurais eu toutes les raisons du monde de me lamenter sur mon sort et d’avoir peur, j’ai trouvé en moi ce calme étrange et cette petite voix qui m’a dit, non pas que tout irait bien, mais qu’il y a toujours des solutions.

Alors voilà, cette fois-ci, je me retrousse vraiment les manches, bien déterminée à enrayer cette spirale négative dans laquelle je me suis laissée happer. Accueillir mes émotions négatives, oui, les noter dans mon journal pour les sortir de moi, oui, les laisser me bouffer, non. Je ne veux plus me laisser entraîner dans des ruminations incessantes sur tout ce qui, d’après mon mental, ne va pas. Je veux sortir de ma tête pour redescendre dans mon coeur. Je veux ressentir à nouveau des émotions positives. Et quand la peur refera surface (car, comme l’écrit Elizabeth Gilbert dans Comme par magie, la peur est toujours à nos côtés), je lui dirai : « Je te vois, je t’entends, je te comprends, mais je refuse de te laisser diriger ma vie. »

L’absence d’espoir est sans doute ce qu’il y a de plus terrible dans la dépression. Quand on perd de vue l’espoir, on perd de vue tout le reste. Samedi, le fait que ma voiture tombe en panne est venu me rappeler une évidence.

Il y a toujours des solutions.

Et si ça, ce n’est pas de l’espoir, je ne sais pas ce que c’est.

L’ironie du sort, c’est que cela fait quatre ans jour pour jour que je me suis lancée dans la pensée positive en publiant ce billet sur mon ancien blog. Comme quoi, ce n’est pas un procédé linéaire, et les rechutes, même graves, sont possibles. Mais il ne faut pas perdre espoir – ou il faut le retrouver si vous l’avez égaré. Parce qu’il y a toujours des solutions. (Oui, c’est mon nouveau mantra.) 


17 réflexions sur “[Pensée positive] Stop, j’en ai marre de broyer du noir (et d’avoir des emmerdes)

    1. Tu as bien raison, et c’est pourtant la première chose que je sacrifie quand je déprime ! Allez, plus d’excuses, je m’y remets ! Bisous et belle semaine à toi aussi !

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  1. Houlala, voila un billet qui remue beaucoup de choses en moi – la peur est ma plus fidèle amie, un peu trop collante, j’essaye de la tenir à distance mais un rien la rend folle de joie de me retrouver : une grosse facture imprévue, une douleur inexpliquée, un comportement inhabituel de mon fils, une fissure dans la mur et paf le pire fait irruption dans ma vie et me tétanise….. Disons que j’apprends à éloigner cette peur plus vite et plus efficacement mais…..
    et en lisant ton billet, je me rends compte que je suis également incapable de demander de l’aide.
    Alors je me demande si nos peurs ne sont pas décuplées par la croyance tenace que nous devons faire face seule et résoudre tout dans notre petit coin avec nos petits bras (musclés ou pas)….
    Voila que je cogite…..mais de façon positive !

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    1. Ah mais c’est complètement ça ! Moi aussi j’ai l’impression de devoir faire face toute seule et j’ai beaucoup de mal à demander de l’aide. Pourtant, il y a beaucoup de gens qui ne demandent que ça. Un exemple (récent puisque ça date d’hier) : après m’avoir extorqué une somme folle pour remorquer ma voiture son dépôt (pour cause de tarif week-end de nuit), le dépanneur me demandait encore plus d’argent pour l’amener au garage près de chez moi. Mon garagiste a pris le téléphone pour expliquer sa façon de penser au dépanneur, et comme celui-ci ne voulait rien entendre, il a été chercher la voiture lui-même, avec son mécano, en me facturant moins de la moitié de ce que demandait le dépanneur. Je lui suis reconnaissante, t’imagine même pas !

      Je crois que, trop souvent, en n’osant pas demander, on se prive aussi de belles interactions avec les autres. Du coup, je compte bien faire plus d’efforts pour demander un coup de main si j’ai besoin. Et je continuerai à offrir mon aide, j’aime bien l’idée de faire circuler cette énergie altruiste !

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  2. Tu compares des soucis matériels à des problèmes plus profonds, mais si ces soucis matériels t’ont permis de voir plus clair et de comprendre des choses sur toi-même, c’est juste formidable ! Je suis persuadée que ce sont souvent les petites choses inattendues qui peuvent provoquer des déclics qui mènent vers quelque chose de plus grand.
    Ce que tu as vécu ces dernières années a changé ta vie, et quelque part, c’est normal que tu aies réagi. D’une manière négative certes, mais cette réaction était peut-être nécessaire pour toi pour accepter ce changement à long terme.
    Bienvenue dans ce nouvel état d’esprit !

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    1. Honnêtement, je ne suis pas fière qu’il ait fallu un souci d’ordre matériel, effectivement, pour provoquer ce déclic. Mais c’est vrai qu’il s’en est passé des choses, ces dernières années ! Que de deuils à faire, réels ou symboliques… Je sais que tu me comprends ❤ Je suis contente de me remettre sur les rails et de regarder devant moi, en tout cas !

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  3. J’espère qu’Oscar t’aidera à laisser certaines de tes peurs derrière toi !
    Comme tu le sais, je n’y connais rien en développement personnel tout en étant une pro de la psycho de comptoir mais de ce que tu racontes et vu ton schéma de pensée, j’ai comme l’impression que tu te refuses le bonheur et/ou que tu cherches « le piège ». Je ne sais pas si ce sont des mots qu’on emploie encore en 2017 et je suis sans doute à côté de la plaque… Et peut-être y a-t-il quelque chose qui maintient (à raison ou pas) ton esprit en alerte, t’empêchant d’être totalement bien, encore invisible pour le moment ? Je ne l’espère pas, évidemment.

    Quoi qu’il en soit, que ta route soit parsemée de solutions !

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    1. Je ne me refuse pas le bonheur, mais je cherche le piège, effectivement, ou plus exactement « the catch », comme on dit en anglais. J’étais méfiante, j’attendais les emmerdes, quelque part, et ça n’a pas loupé ! Mais pas là où je les attendais, ce qui prouve bien que j’avais tort ^^

      En fait, vu l’échec de mon mariage, je ne me fais plus confiance et j’ai peur de me planter. Mais il est plus que temps d’arrêter d’écouter cette peur, sinon je vais passer à côté du bonheur… et de ma vie.

      Merci pour ton éclairage et tes encouragements ❤

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      1. Ah oui, je n’avais pas tout à fait compris que tu associais ton divorce à… tout. Tes enfants (et sûrement d’autres bons souvenirs avec ton ex-mari) sont là pour te prouver que ce n’est pas un échec, mais une étape de ta vie. Que j’espère aussi douce que possible ❤

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  4. Alors, tu te doutes que ça me parle hein… La peur, et aussi, parfois, la honte : pourquoi aller si mal alors que tout va objectivement bien… la spirale de la culpabilisation…
    Pourtant, ce week-end, j’ai compris plein de trucs. Sur moi, sur mes doutes, mes maux. J’avais presqu’envie de nommer cette semaine « clairvoyance »… Je vois des signes partout, comme une évidence…
    Gros bisous Isa ❤ Prends soin de toi ❤

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    1. Je suis ravie que la situation se débloque pour toi aussi ! C’est un très joli mot, « clairvoyance ». Je te souhaite de continuer sur cette lancée ❤ Merci et gros bisous ❤

      (PS j'ai énormément de boulot cette semaine, mais j'aurai plus de temps la semaine prochaine si tu veux qu'on discute de ces avancées et de ce que tu as compris.)

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  5. C’est une situation que je ne connais que trop bien aussi. Et quand je suis dedans, que c’est dur d’en sortir, j’ai toujours cette peur de la rechute de dépression…
    En tous cas, contente de voir que le grand ordre de l’univers t’a envoyé des signes pour t’inviter à sortir de ce mécanisme négatif ! Plein de bonnes ondes, des bisous et tout et tout !

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    1. Je n’en reviens pas que ce soit si dur d’en sortir, j’ai l’impression que ça fait déjà plusieurs fois que je vous écris que je vois le bout du tunnel, et en fait non… Du coup, je suis comme toi, j’ai peur de la rechute. Mais cette fois, j’ai l’impression que c’est la bonne, je vais tout faire pour en tout cas. Merci d’être là, merci pour ton soutien. Tout plein de bisous ❤

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  6. Bonjour de Londres ! J’aime beaucoup ce blog que j’ai découvert il y a quelques mois. Je suis en train de lire la correspondance entre George Sand et Gustave Flaubert où j’ai déniché une de ces citations qui mettent du baume au cœur: « je sais qu’il y a des épines dans les buissons, ça ne m’empêche pas d’y fourrer toujours les mains et d’y trouver des fleurs. Si toutes ne sont pas belles, toutes sont curieuses. (…) Et, si on ne la prend pas comme ça, la vie, on ne peut la prendre par aucun bout, et alors, comment fait-on pour la supporter? Moi, je la trouve amusante et intéressante, et, de ce que j’accepte tout, je suis d’autant plus heureuse et enthousiaste quand je rencontre le beau et le bon. » Sand à Flaubert, le 15 octobre 1868.

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