Self-Love

[Self-Love] L’instinct maternel et moi

IsaPernot Aujourd'hui je m'aime Instinct maternel Mes enfants 01

« Mon dieu, qu’est-ce que j’ai fait ? »

Cette question, je me la suis posée avec une angoisse infinie au cours des premiers mois de la vie de ma fille.

J’avais 24 ans, et le plus beau bébé du monde. Vraiment, elle était magnifique avec son épaisse chevelure noire et ses grands yeux sombres. Mais, chaque fois que je la regardais, mon cœur se brisait parce qu’elle méritait tellement mieux que ce que je pouvais lui donner ! J’avais l’impression d’avoir commis une terrible erreur, sauf que je n’étais pas la seule à en payer le prix. Je découvrais trop tard que je n’étais pas faite pour être mère. Je n’étais pas à la hauteur de cette tâche, je n’avais ni la patience, ni le dévouement nécessaires, j’avais foutu ma vie en l’air et, surtout, j’allais gâcher la sienne.

Ce que j’ignorais sur le moment, et que j’ai découvert au fil des mois et des années qui ont suivi, c’est qu’on ne devient pas mère du jour au lendemain en mettant notre premier enfant au monde, on le devient au fil du temps et des expériences. En tout cas, c’est comme ça que ça s’est passé pour moi.

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Je suis devenue mère malgré ou grâce à la dépression post-partum, celle-là même qui me donnait l’impression de ne rien ressentir et d’être morte à l’intérieur, alors qu’en réalité je me consumais d’amour pour cette magnifique petite fille.

Je suis devenue mère le jour où j’ai compris toute seule dans mon coin que j’avais un problème et où j’ai décidé de suivre une thérapie pour aller mieux. Aucun médecin, aucune sage-femme n’ont jamais posé de diagnostic sur mon état, alors que j’ai sombré si bas que j’ai envisagé, pendant un temps, d’abandonner ma famille et/ou de mettre fin à mes jours. Heureusement, grâce à des articles dans des magazines comme Parents et des reportages à la télé (merci Les Maternelles et Delarue), j’ai compris que je n’étais pas totalement dégénérée, j’étais juste malade. J’en ai pris acte et j’ai pris rendez-vous avec une psychothérapeute qui m’a suivie pendant trois ans.

Je suis devenue mère aussi le jour où j’ai fait une fausse couche. Je n’aurais jamais cru que ce soit aussi difficile de faire le deuil d’une grossesse que je n’avais pas eu le temps d’investir, puisque j’ai découvert que j’étais enceinte au moment où j’ai perdu le bébé. Mais le fait est que j’ai mis un certain temps à m’en remettre. Et j’ai appris au passage que les fausses couches sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne l’imagine, sauf qu’on n’en parle pas. Encore un tabou bien naze autour de la maternité.

Je suis devenue mère en menant de front une nouvelle grossesse et l’éducation d’une petite fille de 18 mois qui ne marchait pas encore tout à fait. Un mois avant la naissance de mon fils, cerise sur le gâteau, mon mari s’est cassé le coude, et il a fallu que je gère plein de trucs au moment où je pensais au contraire lever le pied.

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Je suis devenue mère en soignant mon fils pour de multiples bronchiolites et en passant des nuits blanches à écouter sa respiration laborieuse. Guetter les signes de cyanose chez un bébé de 15 mois, croyez-moi, ça vous passe l’envie d’en faire un troisième.

Je suis devenue mère en consolant des gros chagrins, en pansant des genoux écorchés, en nettoyant du vomi (jusque sur les murs, parfois) et en calmant des terreurs nocturnes à une époque où je ne faisais pas forcément la fière si j’étais toute seule la nuit.

Je suis devenue mère en m’interposant entre mes enfants et des bestioles en tout genre, oui, même celles à huit pattes, alors qu’avant j’étais la première à partir en courant (et en criant).

Je suis devenue mère le jour où j’ai dû leur annoncer la mort de leur mamie. Sept ans auparavant, à la naissance de ma fille, je m’étais crue incapable de dévouement. Là, j’ai découvert que j’étais capable de mettre de côté l’un des pires chagrins que j’ai jamais connus pour tenter d’adoucir le leur.

Je suis devenue mère quand leur père et moi leur avons annoncé notre divorce, ou quand je leur ai présenté mon chéri. Et je continue à devenir mère tous les jours en traversant avec eux les eaux (légèrement) agitées de l’adolescence. On grandit ensemble, chacun à notre rythme, avec des couacs parfois, mais avec une complicité que je n’aurais jamais cru possible il y a 13 ans quand je contemplais, complètement désemparée, mon magnifique bébé aux cheveux noirs.

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Peut-être qu’il y a des femmes qui sont faites pour être mères ou qui se découvrent un puissant instinct maternel à la seconde où elles posent les yeux sur leur enfant. Pour moi, cela a demandé du temps et des efforts, mais je n’échangerais ce parcours compliqué pour rien au monde, parce que c’est le nôtre.

« Mon dieu, qu’est-ce que j’ai fait ? »

L’une des plus belles choses de ma vie : je suis devenue maman.

16 commentaires sur “[Self-Love] L’instinct maternel et moi

  1. Coucou Isa !
    Quel magnifique article…je me reconnais tellement dans bien des points….j’ai eu les mêmes doutes, angoisses à la naissance de mon fils. Je me suis faite accompagner aussi. Avec du recul je pense que j’étais juste terrifiée d’être responsable d’une vie…Çà interrogeait tellement ma responsabilité dans la mienne, une question que je ne m’étais jamais posée. Oui l’ibstinct maternel vient progressivement. On se découvre, on se transforme et s’étonne, c’est remuant, intense, palpitant, flippant souvent. Bref je peux être intarrissable sur cette experience…en tout cas en terme de maternité je crois qu’il ne faut pas l’aborder avec des certitudes mais laisser evoluer, se laisser porter…

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    1. C’est exactement ça, j’étais terrifiée aussi et je m’en suis voulue de n’avoir écouté que mon désir d’enfant, sans mesurer la responsabilité que ça impliquait. J’avais très peur de mal faire ! J’aime beaucoup cette phrase humoristique qui dit « Avant, j’avais des principes, maintenant, j’ai des enfants. » Je crois bien que c’est pareil avec les certitudes 😉 Et, surtout, il faut se laisser le droit à l’erreur, accepter nos imperfections et prendre conscience qu’on fait de notre mieux, en toutes circonstances.

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  2. « les eaux (légèrement) agitées de l’adolescence » -> je te souhaite qu’elles en restent à légèrement.
    Être mère était pour moi une évidence, je ne voyais pas ma vie autrement qu’avec des enfants (et idéalement avec le papa mais ça c’est une autre histoire).
    Je plussoie, on apprend tous les jours à être mère, on apprend aussi à désapprendre des choses parce que ce qui convient à l’un ne convient pas à l’autre…
    Et on apprend aussi qu’on peut en arriver à ne plus vouloir être mère, genre un ado-blues, alors qu’en fait on aime (trop ? mal ?) cette jeune fille…
    Des bisous Isa

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    1. Merci à toi pour ton comm ❤ Moi aussi, je me sens pleinement à ma place dans ce rôle, à tel point que je ne vis pas très bien le fait de ne les avoir qu'une semaine sur deux. Mais eux semblent avoir trouvé leur équilibre, et c'est le principal !

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  3. C’est un très très beau texte sincère, humain.
    C’est curieux parce qu’un jour on ne sait plus trop comment, on tombe sur un blog qu’on aime bien, on s’y sent bien et petit à petit on se découvre des points communs, des histoires parfois similaires = et c’est vraiment le sentiment que j’ai si souvent en te lisant – je me souviens de ton billet sur ta sale histoire au moment de l’affaire Weinstein et je m’étais sentie moins seule. Et maintenant cet article sur la maternité et ton baby blues = et je me dis tiens encore des chemins qui se croisent – je me suis sentie tellement mal surtout que ce bébé j’avais été le chercher avec les dents, après un si long parcours et tant de larmes, de chagrin alors je ne comprenais pas pourquoi je me sentais si larguée, si seule, et si coupable. Tu mets des beaux mots sur des terribles maux et évidement ca aide beaucoup…..

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    1. Merci ❤ J'aimerais tellement que notre société accompagne davantage les jeunes parents, et en particulier les mères. Tu parles de culpabilité, mon dieu, comme ça me rongeait, c'est une émotion terrible, destructrice, qui colorait en noir toutes mes journées et bien souvent mes nuits. Le père de ma fille se levait pour la bercer et me laisser dormir, mais je ne dormais pas, parce que je me répétais en boucle que j'étais une mère lamentable et que c'était moi qui aurais dû m'occuper d'elle, de jour comme de nuit. C'était un vrai cercle infernal, jusqu'au moment où, grâce à la thérapie, j'ai commencé à lâcher-prise et à accepter d'être une mère imparfaite. Étonnamment (ou pas), ma fille a commencé à faire ses nuits dans la foulée. Mais ça a demandé plus d'un an…
      Je suis heureuse en tout cas si mon témoignage peut aider des personnes à déculpabiliser. Et je serais ravie de lire ton histoire à toi, si tu as envie de nous la raconter. Je t'embrasse ❤

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  4. MERCI Isa! A nouveau un article qui tombe a pic. J ai une petite fille de 3 mois avec en reflux interne et tout ce que cela implique, je ne dors plus de nuit complète depuis des mois et suis avec elle 24h sur 24h. Je perds patience parfois et suis désespérée. Je la voulais tellement cette petite poupée que quand j ai un coup de mou je m en veux et culpabilise de ressentir du ras le bol et de me demander si j etais vraiment faite pour ça. Je sais que oui mais c est juste un énorme chamboulement pour lequel on ne peut jamais se préparer a l avance . Enfin je pense comme tu dis on apprend a devenir parent. La phrase « avant j avais des principes maintenant j ai un enfant » j ai même pensé faire faire un sticker a coller sur le mur avec 🙂 . En tt cas c est un vrai don de soi. J espère que quand elle aura un rythme de sieste et qu elle fera ses nuits je pourrai enfin avoir du temps juste pour moi. Pas facile en tt cas. Merci pour ce bel article qui tombe a point car cette semaine le moral est au plus bas. Bisous bisous

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    1. Ma chère Annelise, je suis très touchée par ton commentaire qui me rappelle tout ce que j’ai pu ressentir dans les premiers mois de vie de ma fille. Surtout, dans les moments de désespoir et de découragement, ne reste pas seule. Je consulte très régulièrement les réseaux sociaux, tu peux toujours m’envoyer un message privé sur Instagram par exemple, et j’y répondrai rapidement. On peut aussi échanger par mail ou par texto, comme tu préfères. Vraiment, n’hésite pas. Je t’embrasse ❤

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