Pleine conscience

[Pleine conscience] La sagesse du corps

Blog développement personnel pleine conscience self-love aujourd'hui je m'aime par Isabelle Pernot

Ça peut paraître étrange, dit comme ça, mais la méditation m’a donné les clés de mon corps. En prêtant moins attention à mes pensées, en pratiquant la pleine conscience du moment présent, en effectuant ces body scans que je déteste mais dont je reconnais l’efficacité, j’ai noué un dialogue inédit avec mon corps.

Avant, je n’étais pas très attentive aux signaux qu’il m’envoyait. C’est comme ça que je me suis retrouvée avec une hernie discale. Ce qui avait commencé par une simple douleur dans la cuisse s’est transformée en violente sciatique que j’ai traînée pendant des mois, bien après l’IRM qui a confirmé la hernie. Si j’avais été voir un médecin dès que la douleur s’est présentée, j’aurais sans doute pu m’éviter des souffrances inutiles. J’aurais été prise en charge plus tôt et je m’en serais remise plus vite. Mais non, j’ai ignoré les symptômes jusqu’à ce que l’inflammation prenne une proportion telle que j’en pleurais de douleur.

Il faut dire que je ne l’aimais pas beaucoup, ce corps. Je n’étais donc pas très motivée pour en prendre soin. Et puis j’ai ouvert un premier blog, Au Fil d’Isa, et j’ai commencé à apprivoiser mon image et à faire la paix avec mes imperfections en postant des photos de mes tenues du jour. Je ne le savais pas vraiment, à l’époque, mais je venais de faire mes premiers pas dans le domaine du self-love. (Le hashtag #bodypositive n’existait pas encore, mais je suivais le mouvement des blogueuses curvy comme Stéphanie Zwicky qui militaient pour qu’on sublime nos rondeurs au lieu de les cacher.)

Puis il y a eu la découverte de la pensée positive, qui m’a amenée, au fil de mes lectures, à la méditation. Je m’en souviens comme si c’était hier. Le 1er septembre 2014, j’ai téléchargé l’application Headspace et j’ai fait ma première séance de méditation d’une durée de 10 minutes. J’ai découvert un tel bien-être, une telle sensation de paix au cours de cette séance, que je n’ai plus jamais arrêté de méditer. (Comme je le signalais il y a quelques mois, il m’arrive de faire des pauses dans ma pratique quotidienne, mais elles durent de moins en moins longtemps, je reprends le rythme de plus en plus facilement.)

Attention, toutes les séances ne ressemblent pas à cette première séance, loin de là. Le premier mois, j’ai voulu abandonner dix, vingt fois. Le deuxième, un peu moins. Au bout de trois mois, j’étais conquise, même s’il y avait et il y a encore des séances où je me laisse complètement happer par le tourbillon de mes pensées. (Ça arrive à tout le monde, même aux personnes qui méditent depuis des années, c’est tout à fait normal et pas du tout un signe d’échec.)

La méditation permet de se poser en conscience dans notre corps et d’être à son écoute. On cherche à être présent à tout ce qui fait notre être, nos pensées, nos émotions et nos sensations physiques, sans s’identifier à elles. C’est comme ça que j’ai découvert que je pouvais accompagner une douleur, au lieu de l’ignorer ou de lui résister. Je me suis rendu compte qu’on a tendance à se crisper quand on a mal quelque part, ce qui ne fait qu’amplifier la douleur. Alors que si je respire consciemment, je détends mon corps, y compris la zone douloureuse, et j’atténue un peu la sensation, voire je la fais disparaître si elle est légère. (L’ami qui animait le stage de MBSR en juin dernier nous a confié qu’il ne prenait plus d’anti-douleur depuis plus de 20 ans. Je n’en suis pas encore là…)

Ce qui est intéressant, c’est qu’à force de prêter attention aux signaux de mon corps pendant mes séances de méditation, j’ai également commencé à y faire attention en dehors des séances. C’est là que j’ai découvert des sensations inédites pour moi : la sensation de satiété tout d’abord, et par extension celle de la faim, ce qui, pour quelqu’un qui, jusque-là, mangeait essentiellement pour apaiser ses angoisses, était révolutionnaire. En fait, si je veux bien l’écouter, mon corps me dit quand il a besoin de nourriture et quand il en a assez. Incroyable, non ?

J’ai également découvert qu’il me dit quand il est fatigué. Les paupières lourdes, le cerveau qui s’embrume, la torpeur sont autant de signaux qui me rappellent qu’il serait bon que j’aille me coucher. Quand je les écoute, je m’endors très facilement. Soyons francs, la moitié du temps, je les ignore et, quand je me décide enfin à aller dormir, je peux passer une heure (minimum) à contempler le plafond. Là dessus, je reste très indisciplinée, mais il faut dire que l’inspiration frappe souvent à ma porte quand la nuit tombe. (La preuve, je suis en train de rédiger ce billet à 1h10 du matin.) On ne se refait pas, mais il y a quand même de l’amélioration. (Avant, les insomnies, c’était 100% du temps.)

Dernier point important, que j’ai découvert pendant mon stage de MBSR justement, lorsque notre instructeur nous faisait faire des étirements de yoga, le corps connaît ses limites. Le tout, c’est de les respecter en prenant conscience des différentes zones dans lesquelles on évolue. D’abord, il y a notre zone de confort, celle où notre corps se sent à l’aise et ne fournit pas beaucoup d’efforts. L’idée, quand on fait du sport, c’est de passer dans la zone de défi, celle où on demande à notre corps de fournir un effort supplémentaire dont on va progressivement augmenter l’intensité à mesure que l’on s’entraîne. Mais l’enjeu, c’est de ne pas pousser notre corps dans la zone de l’impossible, celle où surviennent les blessures, parce qu’on n’était pas encore prêt à aller jusque là. (Si les muscles commencent à trembler, si l’inconfort se transforme en douleur difficilement tolérable, il est temps d’arrêter.)

Notre corps est notre allié et communique avec nous par le biais de nombreuses sensations physiques. Si la méditation vous impressionne ou vous rebute, ne vous découragez pas. Rien ne vous oblige à vous asseoir 20 minutes par jour sur un coussin pour apprendre à déchiffrer le langage de votre corps. Vous pouvez commencer par faire de courtes pauses dans votre journée au cours desquelles vous vous interrogez sur ce que vous ressentez : « Est-ce que j’ai mal quelque part ? Si oui, est-ce que je dois changer de position, faire quelques pas ou quelques étirements ? » « Tiens, je m’apprêtais à aller manger, est-ce que j’ai vraiment faim ou est-ce que je vais déjeuner simplement parce que c’est l’heure ? » « Tiens, je me resservirais bien de ce plat, mais est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Je vais attendre 5 minutes pour voir si j’en ai toujours envie. » (On mange trop vite, et notre corps n’a généralement pas le temps d’envoyer au cerveau le message « j’ai assez mangé ».)

Dans tous les cas, privilégiez l’écoute et la prudence. Une douleur qui persiste ? Consultez un médecin. Une pratique sportive qui vous fait trop forcer sur vos muscles et vos articulations ? Levez un peu le pied et, surtout, ne vous comparez pas aux autres. Votre corps, vos limites. (Je réussis certaines postures de yoga les doigts dans le nez et j’en abandonne d’autres au bout de quelques secondes. Mon corps, mes limites.) Et pour ce qui est de la faim, testez également ce qui vous convient le mieux. Moi, je préfère manger moins mais plus souvent. Mon chéri, lui, ne fait qu’un repas par jour (et il est en pleine forme, qu’on se rassure.) Son corps, son métabolisme.

Je vous souhaite de belles découvertes à l’écoute de votre corps !

7 commentaires sur “[Pleine conscience] La sagesse du corps

    1. Merci Cloudy, et bienvenue ! Headspace, c’est mon site chouchou en matière de méditations guidées, mais il est en anglais (et en espagnol, aussi, il me semble). En français, il y a Petit Bambou et Imagine Clarity (le site du moine Mathieu Ricard).

      J'aime

  1. Désolée mon clavier se bloque sans cesse….
    Je voulais aussi dire que j’aime ce cheminement que tu as fait, ces étapes….ça me parle beaucoup.
    Je n’ai jamais aimé mon corps, je ne voyais que les défauts, c’est toujours pareil. Mais petit à petit, j’essaye d’être plus reconnaissante, de mieux le traiter, le nourrir, essayer de le regarder sans jugement, en espérant que la bienveillance viendra un jour.
    Oui c’est un long chemin – nous avons été tellement conditionnées avec tous ces diktats, ces images mais ton parcours, tes démarches, tes progrès m’encouragent à continuer vers une acceptation plus sereine…..

    Aimé par 1 personne

    1. Je pense que la bienveillance finira par venir, c’est très important de faire abstraction du jugement, c’est déjà génial ce que tu fais pour t’accepter. Je te souhaite toujours plus de paix et de sérénité ❤

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