Développement personnel

Éloge de la satisfaction

Flow 38 Trouver sa voie

Dans l’article « Trouver sa voie » (Flow France numéro 38), la journaliste Liddie Austin nous présente le livre Je donne du sens à ma vie, de la psychologue Emily Esfahani Smith. Je ne peux pas vraiment vous parler de ce livre pour la bonne raison que je ne l’ai pas encore lu. Mais l’article de Liddie Austin, qui détaille la philosophie de l’autrice, m’a donné envie, d’une part, de découvrir ce livre et, de l’autre, d’écrire ce billet.

Car si je ne suis pas forcément d’accord avec l’affirmation « c’est la quête du sens et non la quête du bonheur qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue », je veux bien admettre qu’il manque quelque chose à ma quête du bonheur, et que ce quelque chose pourrait bien être du sens.

Pour Emily Esfahani Smith, les « quatre piliers essentiels pour vivre pleinement » sont :

  1. un sentiment d’appartenance
  2. une raison d’être
  3. une histoire à raconter
  4. un sentiment de transcendance

C’est là où la nécessité de me plonger dans Je donne du sens à ma vie se fait sentir, car si j’ai bel et bien une histoire à raconter et s’il m’arrive souvent d’expérimenter ce sentiment de transcendance, je me rends compte, face à ces concepts, que j’ai plus de mal à évoquer un sentiment d’appartenance ou à définir ma ou mes raisons d’être. J’ai besoin d’exemples concrets pour pouvoir faire le parallèle avec ma propre vie. Parmi les exemples cités par la journaliste Liddie Austin, je veux bien admettre que j’appartiens à ma famille et qu’être une bonne mère est une de mes raisons d’être. Mais, justement, si j’écris « raisons d’être » au pluriel, c’est parce que je sais pertinemment que mes enfants voleront de leurs propres ailes dans un jour pas si lointain et qu’ils ne peuvent pas être ma seule raison d’être. Bref, j’ai besoin d’éclaircir ces points-là.

Mais ce qui m’a surtout donné envie de réagir à cet article, c’est l’idée que tout ce qui, d’après Emily Esfahani Smith, donne du sens à la vie procure certes du bonheur (celui-ci ne serait donc qu’un « effet secondaire » de la quête du sens et pas un but en soi) mais surtout de la satisfaction. Et là, c’est un peu comme si une ampoule s’était allumée au-dessus de ma tête. Eurêka ! Car oui, de plus en plus, j’attache de l’importance à la satisfaction que j’éprouve en faisant telle ou telle tâche. J’avais même commencé à dresser régulièrement la liste de mes « petites victoires« . Et puis j’ai arrêté, faute de motivation, au cours d’une période qui m’a pas mal bousculée.

Mais l’article de Liddie Austin me donne envie de recommencer à tenir un journal de satisfaction en parallèle de mon journal de gratitude. Car je sais bien que c’est en apprenant à identifier un sentiment qu’on apprend à le cultiver, un peu comme un muscle qu’on développe en le sollicitant régulièrement. Or, j’ai très envie de développer le muscle de la satisfaction comme j’ai déjà développé celui de la gratitude.

Pour vous donner un exemple concret, j’ai rangé mon étagère à thé. En soi, c’est une tâche qui n’a rien d’amusant ni de très agréable sur le moment, mais elle m’a procuré une grande satisfaction après coup, satisfaction que je continue à éprouver chaque fois que je pose les yeux sur cette étagère. Beaucoup plus aérée, elle n’est plus du tout encombrée, chaque thé ou tisane a trouvé sa place, et c’est bien plus simple pour me préparer la boisson de mon choix à n’importe quelle heure de la journée. Bref, ça me facilite la vie. 

Autre exemple, directement en lien avec les piliers identifiés par Emily Esfahani Smith, je m’en rends compte en vous l’écrivant, j’éprouve toujours une grande satisfaction quand je rends une traduction. Je mets un point d’honneur à rendre mon travail en temps et en heure parce que c’est important pour moi que mes éditeurs puissent compter sur moi. Je sais que je suis l’un des maillons de la chaîne du livre, et je ne veux pas être le rouage qui se grippe et qui fait tout dérailler. Si ça ce n’est pas du sentiment d’appartenance, je ne sais pas ce que c’est !

Je ne sais pas encore quand je lirai Je donne du sens à ma vie car j’avais plutôt l’intention de me plonger dans de la fiction cette année. Mais il est clair que le sujet m’intéresse ! Quand à mon futur journal de satisfaction, je ne sais pas si je vais le partager en tant que tel, comme les petits bonheurs, ou si justement je vais remanier les petits bonheurs et faire une partie gratitude et une partie satisfaction, comme je l’ai fait les quelques fois où j’ai présenté mes « petites victoires ». C’est le début d’année, j’ai envie de nouveauté et je me cherche ! Une chose est sûre, je vais davantage me poser la question du sens de ce que je fais et rechercher la satisfaction.

9 commentaires sur “Éloge de la satisfaction

  1. En rangeant ton étagère ou, comme tu l’as écrit récemment, tes carnets etc tu fais plusieurs choses à la fois. Tu prépares la place pour des joies futures En faisant place nette, tu te remémores des joies passées, tu approfondis le présent. Tu es toute à toi. Ces gestes du quotidien sont fondamentaux. Peut-être te connectes-tu avec un ancêtre qui aimait faire cette tâche et que tu as observée presque à ton insu? De plus c’est sensuel, les tisanes. La chaleur. Le goût. Le moment délicat où on s’en prépare une petite… pour respirer. Juste avant que les amis s’en aillent à la place du café après un bon repas. Tout ce rituel d’égrener la liste de nos trésors : “alors j’ai menthe, tilleul…”. C’est chaleureux. C’est convivial. C’est un geste d’amour. J’aime cet exemple. By the way, mon mot pour l’année je l’ai trouvé soudain ce matin: simplify! Simplify! Je me souviens de cette injonction dans Walden de Thoreau. Bonne journée !

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    1. Merci pour le sens que tu apportes à ce geste, comme je range la maison étape par étape, meuble par meuble, tes mots vont m’accompagner lors des prochaines étapes justement 😀 Et j’adore ton mot, Thoreau est toujours de bon conseil ! Bonne journée à toi aussi !

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  2. J’aime beaucoup cette idée de développer une habitude, un sentiment comme on le ferait avec un muscle à force de constance et de répétition. Quant à l’appartenance, je suis arrivée à la même conclusion que toi. En réfléchissant sur mes intentions pour 2020, j’ai dressé une liste d’affirmations positives « je suis » et effectivement il y avait en haut de ma liste « être une maman » mais il y avait au moins 10 autres affirmations. Cette liste m’a fait beaucoup de bien comme si mon socle était tout à coup plus solide. Alors oui je crois que des affirmations positives, des listes de satisfactions, de petites victoires sont très utiles car je crois que dans ce tourbillon de la vie et du monde contemporain, on a de plus en plus besoin de s’ancrer. Très intéressant.

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    1. J’aime bien l’idée d’utiliser les affirmations positives comme un ancrage. Moi qui ai du mal avec cet exercice (je ne m’y tiens jamais, c’est fou !), ça me donne envie de lui redonner une chance. Allez, dès demain, dans mon entrée quotidienne dans mon journal, je commence par écrire une affirmation ! Ça me tente bien de consolider mon socle, moi aussi. Merci pour l’inspiration ❤

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