Pleine conscience

Les regarder grandir

Lockdown, trials, love and mindfulness

Tout à l’heure, assise au soleil avec mon fils, je me suis demandé : « Pourquoi ? Pourquoi est-ce que j’ai hâte que ça se termine ? Quand est-ce que j’aurai à nouveau autant de temps avec les gens que j’aime ? »

À tous les parents de jeunes enfants, je tiens à vous dire, je vous vois et je sais ce que vous vivez. Je sais à quel point c’est dur. Un proverbe anglais dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Là, tout de suite, vous devez vous débrouiller seuls, sans école, sans grands-parents, sans soutien. C’est peut-être l’une des choses les plus difficiles que vous ayez jamais faites. Mais, croyez-moi, vous faites de votre mieux.

Par contre, moi, mes enfants, ce sont des ados. Même s’il nous reste encore quelques années à passer ensemble, je sais qu’en un clin d’œil ils auront quitté le nid, et cette partie de notre vie, cette proximité, cette intimité, sera terminée.

Alors j’essaie de ralentir et de les regarder grandir, exactement comme je regarde le printemps se déployer autour de nous. Je veux me rappeler jusqu’à la fin de mes jours ce que j’ai ressenti là, au soleil, avec la tête de mon fils sur mon épaule. Je veux me rappeler leurs rires, leurs jeux idiots, leurs câlins, leurs incroyables conversations et même leurs accès d’humeur. Je sais bien que tout cela va me manquer quand nous passerons à la prochaine étape de nos vies, tout comme la sensation de leur petit corps pressé contre le mien quand ils étaient bébés me manque.

Je ne crois pas que nous devrions éprouver de la gratitude pour les épreuves que nous traversons. Restons lucides, certaines choses sont très difficiles, et il ne s’agit pas d’édulcorer quoi que ce soit. Nous avons le droit de ressentir absolument toutes les émotions qui nous habitent, la colère, l’angoisse, la peur, le chagrin, etc. Mais je suis persuadée en revanche qu’on peut éprouver de la gratitude pour ce que l’on découvre au sein de ces épreuves : la résilience, la pleine conscience et même l’amour.

Me voici donc à savourer tout l’amour que j’arrive à trouver en cette période difficile. Permettez-moi de le partager avec vous au cas vous en auriez besoin. Prenez soin de vous ❤

31 commentaires sur “Les regarder grandir

  1. C’est exactement ce que je ressens mais… avec mes parents.
    Vivre ensemble n’est pas toujours evident mais on est la, ensemble, on se serre les coudes, on rit, on se rouspete aussi. Et je le fais maintenant car ….. apres il sera trop tard.
    Alors je me dis: profites en, maintenant!
    Bizzz

    Aimé par 3 personnes

  2. Que c’est doux et joli, que ça fait du bien de lire cela ce soir! Tu sais, tu leur a tant donné qu’ils savent que les portes sont ouvertes et vous tisserez d’autres façons d’être ensemble. C’est génial. Mais profitez de l’ici et maintenant.
    Je voulais te raconter une petite histoire …
    Il y a quelques années je bossais dans une boîte et une de mes amies est devenue ma cheffe. Elle avait soudain changé du tout au tout. Nous nous étions fâchées. Je l’évitais comme la peste. Puis nous nous sommes réconciliées. Et nous n’avons jamais reparlé de cette fâcherie. Voilà que le destin a voulu qu’elle vive à deux pas de chez moi. Mais toujours j’avais ce souvenir horrible d’elle… même en passant de bons moments….rien à faire, cette boule était là. Hier elle m’a demandé si je voulais qu’elle me ramène des trucs du supermarché, de lui donner ma liste, et qu’on verra plus tard pour le remboursement. Vu la queue devant les magasins, les incivilités inconscientes des gens, les risques que l’on prend, sans son aide je devrais marcher au moins deux heures pour avoir du pain… bref… ce matin, je me suis levée, et j’ai physiquement senti que je lui pardonnais ses horribles comportements, j’ai senti que ça se dénouait, que ces années noires s’évaporaient dans l’air. Ça m’a fait un bien fou!
    Ce que nous vivons est une épreuve comme la vie sait nous en présenter. Il faut essayer de prendre le virage en douceur. Comme tu le dis si bien, il n’y a pas à en éprouver de la gratitude car on pourrait bien s’en passer ! De la gratitude envers un sale virus, non merci. De la gratitude envers ceux qui nous aiment, oui, et même envers soi-même, de savoir se faire du bien, de savoir tisser des liens d’amour ou d’amitié, d’avoir assez d’humour pour ne pas flancher, assez d’intérêts pour ne pas s’ennuyer, d’avoir mené sa petit barque comme on a pu, et d’être toujours là, malgré les écueils, les fleuves dangereux et tous leurs méandres… on est là et on fait de son mieux, c’est chouette non?
    Merci de partager ces doux moments !
    Et je suis à quelques phrases du point final de mon article, j’en ai les larmes aux yeux.
    Merci de ton soutien, et de tes gentils encouragements ces derniers mois.

    Aimé par 4 personnes

    1. Merci pour le partage de cette jolie histoire qui me parle énormément ❤
      Oui, on est là et on fait de notre mieux, et j'espère que les parents qui galèrent en ce moment et doivent puiser dans leurs réserves de patience arriveront à éprouver un peu d'indulgence envers eux-mêmes ! (Je sais que moi, quand mes loulous étaient petits, c'était ma plus grande difficulté !)
      Je suis ravie de partager ces doux moments entre vous ❤
      J'imagine ton émotion au moment d'apposer le point final, savoure, et félicitations ! 😀

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    2. Coucou Agnès, bravo pour le point final qui a dû être posé à cette heure matinale. Quel aboutissement, c’est génial !
      Merci pour ce beau partage sur l’amitié. Je crois qu’une vraie amitié, c’est savoir s’éloigner si besoin pour respecter les virages de l’autre et les notres, parfois se protéger, et savoir revenir sans commentaire, reprendre la relation sans besoin de parler car le fil n’a jamais été coupé.
      C’est hyper rare et précieux, c’est génial de connaître celà. Moi je n’ai connu que des éloignements de ma part qui ont été pris pour des ruptures. Çà fait mal. Mais je me dis que ce n’étaient pas de vraies amitiés, celle où on laisse l’autre faire ses expériences et où l’autre respecte les notres.
      Du coup je suis depuis bien plus méfiante et je pense qu’avec mes très peu quelques (ouh la la pas clair…pas pris mon secobd café) amis actuels, c’est un vrai fil qu’il y a, du moins je l’espère fortement, mais on ne peut jamais savoir.
      Ton amie a pu te ramener quelques vivres ? Je prie pour qu’il y ait un croissant dans le lot, le point final le vaut bien.
      Bon mercredi !🌸⚘

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      1. Bonjour Roseleen! Oui, on peut dire que la première mouture est finie. Je laisse la pâte reposer une semaine. J’ai eu du mal à dormir. Je n’ai qu’une hâte, retourner à Paris et me rendre dans le petit cimetière où il est (fosse commune) pour fleurir la stèle sur le mur à son nom. Maintenant j’ai tout le temps du monde entre mes mains. Je vais faire le ménage et lire tout mon soûl. Et plus tard me mettre à préparer les cours de l’an prochain. Avant je donnais tant de documents, je vais simplifier. Cette crise me fait réfléchir. Less is more!
        C’est bizarre de me dire que je suis en vacances car je n’ai pas cessé de bosser, 18h en moyenne par jour, depuis mon retour de Paris en janvier. Week-end compris. J’ai adoré le faire, mais ça me fait drôle de ne pas avoir cette urgence. Ce qui serait bien c’est de finir Le père Goriot cette semaine parce que moi, c’que j’préfère, c’est quand même le XVIIIe siècle. Et la littérature japonaise, comme tu le sais.
        Ce que j’ai aimé hier c’est de le ressentir ce « dénouement ». Tout m’est apparu clairement. J’imagine les connections dans le cerveau à la vitesse éclair qui allument la Zone du bien-être… le passé c’est du passé-elle n’était pas elle-même- c’est une personne qui a un cœur d’or- aux oubliettes les mauvais souvenirs. Paf! Et sentir comme une pluie de douceur sur mon âme. Magique! C’est un peu comme quand, vers ses trente ans, on pardonne à ses parents. En tout cas quand on se dit: ils ont fait ce qu’ils ont pu. Comme une évidence.
        Et c’est vrai qu’un jour on s’aperçoit aussi que les liens qui se sont distendus, qui ont cassé, c’est pas grave. Ceux qui restent… restent pour toujours. Il y a des liens qui ne s’effilocheront jamais.
        Oui, elle m’a ramené des trucs… pas de croissants mais des brioches de Pâques. Du chocolat. Des amandes grillées et des cacahuètes ! Et d’autres choses plus normales. Le matin, à mes risques et périls j’avais passé commande de fraises, d’asperges, de radis… c’était très stressant d’aller me ravitailler. Une espèce de demeurée s’est approchée de nous qui attendions sagement à distance les uns des autres, et dès qu’on nous apportait nos sacs pour payer, voulant attirer l’attention de l’employé, elle se collait à nous avec un sourire qui faisait plisser ses yeux… en France j’imagine ce que les gens lui auraient dit… ici c’était : if looks could kill ! 🤣 la madame Sans Gêne dans toute sa splendeur.
        Vendredi j’aurais peut-être un croissant… et j’ai peur de l’orgie qui se prépare à la fin du confinement. Ou peut-être pas.
        Joli mercredi ! 🌞

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        1. J’aime bien l’idée de laisser ton texte reposer comme si c’était une pâte 😀 Et j’imagine le plaisir que tu vas avoir à te relire et à corriger un mot par-ci, une virgule par-là… Mais c’est dur parfois de savoir quand et où s’arrêter, pour moi, un texte est une matière vivante que je pourrais sans cesse remanier, même quand mes trads sont publiées, je me dis que j’aurais pu écrire ceci ou plutôt cela… Bref, c’est un exercice de lâcher-prise comme un autre, en tout cas, en ce qui me concerne !

          Bonne semaine de vacances, alors, profite bien de tes lectures ❤

          Et comme j'aime cette phrase, cette "pluie de douceur sur ton âme" ! Je me réjouis que tu aies vécu une si belle expérience.

          Par contre, j'espère que tu ne croiseras plus cette madame Sans Gêne, c'est pénible et flippant !

          Joli mercredi à toi aussi ❤

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          1. C’est marrant, parce que je me suis dit justement que je ne pourrais pas ajouter un seul mot à ce texte qui en a 18000 environ. Il tient comme il est. J’ai eu envie de relire mes notes, de nouveau, mais ce serait du remplissage. J’ai dit ce que je voulais dire. Et oui, ça va être bon de se relire, à voix haute, et d’ajouter virgules et de s’apercevoir qu’on a dit deux fois le même mot dans la même phrase etc… c’est chouette ça.
            Sinon les asperges… délicieuse…. mais pas du coin… du Mexique. J’étais choquée. Mais un délice. Au départ je ne voulais en manger que deux… tu parles Charles!
            Très joli après-midi à toi! C’est chouette d’avoir de tes nouvelles.
            Au fait, j’ai lu ce matin une histoire sur Avignon en 1791, et le massacre de la Glacière. Quelle histoire!

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        2. Ça va te faire bizarre, ce temps retrouvé…je crois bien que je n’aurais pas non plus pu trouver le sommeil après un point final qui a demandé tant d’investissement…
          Que de douceurs ! Ton amie est top ! J’avoue être également terrorisée par les courses, surtout par les comportements d’autrui, c’est le husband qui s’en charge.
          Pour l’avoir vécu, je vois très bien de quoi tu parles au sujet de pardonner à ses parents, de se dire qu’ils ont fait avec leurs moyens du bord et aussi avec amour. Ça prend du temps c’t’ histoire -des fois je me dis que c’est l’histoire d’une vie, ou son but ?…- et çà cause bien des tourments , mais çà vaut le coup, çà arrive d’un coup cet apaisement, paf, comme une évidence mais qu’est-ce qu’on est libre ensuite ! L’amour envers eux peut réellement se déployer sans aucune crainte car on sait que c’est solide…bref je vois très bien ce que tu as ressenti hier vis à vis de ton amie. Magique.
          Je te souhaite une belle fin de mercredi, c’est l’heure du teatime, un bout de brioche et un ptit chocolat sont de rigueur.

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          1. Malheureusement j’ai ouvert le paquet de biscuits à la noix de coco… j’essaye d’oublier qu’il en reste. Vendredi je vais devoir sortir j’ai les jetons. Il faut dire que la plupart des gens ne savent pas ce qu’il faut faire. C’est catastrophique.

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  3. Merci Isa pour ce bel article. Je ressens la même chose. Le bonheur, il est là, en nous. Il réside dans le regard et l’attention que nous portons aux choses. Et ceux qui savent en profiter vont bien se sortir de cette situation. Les autres, ouille ouille ouille…mais j’espère que la majorité se saisit de ce confinement pour poser un autre regard sur soi, sa situation, ses proches…pas toujours évidents en fonction des situations…Profite, Isa ! Bises !

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    1. Ça m’a fait rire car mon poète sans tête dit que c’est en prison qu’on peut le mieux parler du bonheur.
      Le vrai bonheur, c’est « la jouissance intime de nous-mêmes. [Les] biens, les plaisirs et tout ce que la foule recherche avec tant d’empressement, sauvent-ils une âme qui veut se fuir et se retrouve toujours? (…) Or les chagrins de la vie, les douleurs, les chaînes, l’exil et tout ce qui épouvante (…), nous dépouillent-ils de ce calme délicieux d’un coeur qui se complaît dans la revue qu’il fait de tous ses mouvements? »

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      1. Ah mais oui ! Ça me dit quelque chose, cette citation, je crois l’avoir lue ou entendue dernièrement, en me disant « bon sang, mais oui, mais c’est bien sûr !!!! ». Connaîtrai-je l’homme sans tête ???? Mystère et boule de gomme et vivement la glace aux marrons d’Ardèche que je sache…

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            1. Et tu mettras la photo sur ton blog et j’aurais envie d’en manger et je devrais sortir … ha ha. J’adore le goût des petits morceaux croquants mélangés au éclats de coco.

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    2. Roseleen, j’espère que la plupart des gens réfléchissent à ce que nous sommes en train de vivre et vont avoir envie, comme nous, d’un monde meilleur, plus humain, plus écologiste et plus juste. En attendant, je savoure ce qu’il y a à savourer au sein de cette parenthèse… Bisous ❤

      Aimé par 1 personne

      1. Je ne suis pas sûre du tout pour la majorité des gens, mais je me dis qur si une petite proportion change, c’edt le début d’un grand changement, un pas vers une humanité qui recherche, retrouve du sens, et çà, c’est génial !

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    3. C’est trop loin le vrai supermarché. C’est la cata complète. On dit qu’on sera l’un des pays les plus touchés. C’est déprimant. Et l’autre qui est à l’hosto… j’te jure. Mais ça ne m’étonne pas vu le groupe agglutiné sur le trottoir. Il y a eu des policiers à cheval et ceux-ci ont laissé de jolis burgers sur la chaussée juste devant le marchand de 🍔 burgers. Je suis morte de rire!

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