Self-Love

Les envies de mai 2020

AJMA A Word For The Month May 2020

S’aimer soi-même. Se regarder en face et s’accepter malgré les mille et un défauts qui donnent envie de détourner les yeux du miroir. Se pardonner ses erreurs. Dompter son ego pour ne pas repousser celles et ceux qui renvoient de nous une image qui fait grincer des dents. Se chouchouter. Prendre soin de sa santé physique et mentale. Choisir des pensées qui font du bien, laisser filer celles qui blessent. Se parler comme à un-e ami-e. Trouver un équilibre (forcément fragile) entre discipline et indulgence. Savoir se dépasser. Mais aussi savoir se protéger. Nourrir son âme de belles choses. Faire face à ses peurs.

S’aimer soi-même, c’est un délicat pas de deux entre le corps et l’esprit, avec le cœur pour centre de gravité. C’est une danse plus ou moins gracieuse selon les jours, parfois les deux partenaires se boudent, parfois la synchronisation leur fait défaut. Parfois même, le ballet se fait duel, le conflit s’installe et débouche sur un profond mal-être. Il est temps alors de faire appel à un médiateur extérieur.

Cela fait un moment déjà que j’envisage une nouvelle thérapie. Une expérience désastreuse l’année dernière, face à une personne qui ne méritait absolument pas le nom de thérapeute, m’y avait fait renoncer temporairement. Mais je me suis rendu compte ces dernières semaines que j’ai vraiment beaucoup de choses à dire, à évacuer, à analyser. J’aurais probablement dû le faire dès mon divorce, mais il n’est jamais trop tard pour repartir sur de bonnes bases.

Je ne sais pas trop comment je vais faire pour trouver un-e bon-ne thérapeute en cette période. J’ai au moins deux pistes grâce aux conseils d’une amie, on verra bien. Mais j’espère qu’à la fin du mois, je pourrais vous annoncer que j’ai trouvé la personne qui me convient. J’en ai vraiment, vraiment besoin.

En attendant, je vais continuer à prendre soin de moi en privilégiant les activités qui me font du bien :

  • le yoga et la méditation, encore et toujours. Comme je l’écrivais hier, le challenge « MEDITATE » d’Adriene ne pouvait pas mieux tomber !
  • la lecture. Je viens de me replonger dans Comme par magie d’Elizabeth Gilbert. J’ai aussi envie de lire La Couleur des sentiments. Pour le troisième livre du mois, je ne sais pas encore, je me laisse le temps de choisir.
  • les séries télé. Comme la lecture, c’est un des meilleurs moyens d’échapper à mon mental quand il broie du noir. D’ici la fin du mois, j’aimerais avoir terminé Young Sheldon et Mrs. America et pourquoi pas commencer la 4e saison de This Is Us.
  • terminer The Science of Well-Being et entamer un nouveau cours en ligne, sans doute Finding Purpose and Meaning in Life.
  • terminer ma broderie sur les fées et commencer un nouveau projet au point de croix.

Enfin, je me suis décidée à reprendre l’écriture d’une histoire entamée il y a quelques années. J’ai beaucoup de mal à me consacrer pleinement à la fiction parce que je trouve mes textes tellement mauvais que je me décourage très vite. Mais Elizabeth Gilbert a raison d’écrire : « Je n’ai jamais promis à l’univers que je serais un grand écrivain, je lui ai juste promis que je serais un écrivain tout court ! » Si je devais avoir un gourou dans ma vie, je crois que ce serait Liz ! Je vais donc suivre son conseil : l’important, à l’heure actuelle, ce n’est pas d’écrire un bon roman, c’est juste de le terminer. Je sais que ça me fera le plus grand bien.

(Quand je vous disais, au début de ce billet, que parfois s’aimer soi-même c’est faire face à ses démons, là, je suis en plein dedans. Au lieu de continuer à me décevoir perpétuellement en esquivant cette partie de moi qui a envie d’écrire, je vais bâillonner mon critique littéraire intérieur afin d’obtenir au moins la satisfaction d’être allée au bout de mon projet.)

Et vous, les ami-e-s, dites-moi, quelles sont vos envies du mois ?

9 commentaires sur “Les envies de mai 2020

  1. que j’aime ce post ! ENFIN qq qui ose parler de soi comme cela ! Merci de ce partage. Je parlerai un peu de cela aussi dans les prochains posts, car je pense pour m ‘y aider mettre en place des rituels… a suivre… prends bien soin de toi !

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Isa! Merci pour ton billet, qui tombe comme un petit cadeau surprise! Un petit bonbon laissé sur l’oreiller dans un hôtel chic! J’espère que ton dimanche sera très chouette!

    Pour le psy, je souhaite que tu en trouves un.e qui te convienne rapidement, le bouche à oreille c’est la meilleure chose en fait, et je trouve que tu fais quelque chose d’intelligent. On ne prend pas cette décision à la légère. C’est chouette de faire des démarches pour se faire du bien! Marre de se mettre des bâtons dans les roues pour rien!

    S’aimer soi-même, c’est un travail de tous les jours, je ne sais pas pourquoi je dis travail, c’est une nécessité, un besoin. Trouver la bonne voix pour se parler, ne plus se fustiger, ce n’est pas si facile. Il faut quand même en voir des vertes et des pas mûres avant de dire que ça suffit. On y va par pallier. On avance parfois à pas de géants, on fait deux pas en arrière, puis des sauts de puce, puis on chausse des bottes de sept lieues… il faut négocier sans cesse, mais le plus important c’est de garder ce dialogue entre soi et soi vivant, libre, bienveillant.
    Pour aimer quelqu’un il faut le connaître, on ne donne pas son amour comme ça, au premier venu… s’aimer et se connaître, on doit le faire ensemble, comme dans un tango, et l’on ne se connaît pas comme ça non plus, on ne naît pas avec une petite fiche qui nous dit qui on est, on n’a pas d’attestation pour employer un mot à la mode, on apprend à se connaître, pas à pas, souffle après souffle, dans nos gestes, dans le feu de l’action quand on ne contrôle plus rien, dans les reflets, dans les détours, à travers les autres surtout, dans notre spontanéité, on se surprend souvent, sans cesse, on se dévoile par hasard, et il faut savoir gérer tout ça, tout ce qui nous vient de nos ancêtres aussi, et tout ce qu’on ne soupçonne pas… mais c’est un maelstrom! J’aime ces verbes réflexifs: s’aimer, se respecter, s’améliorer, se connaître, se réaliser… Ah! se respecter!

    Mes envies de mai c’est
    – d’arriver à garder mon sang-froid et de finir l’année universitaire en beauté, en acceptant que le monde n’est pas parfait.
    – de finir la bibliographie de mon article et qu’il soit prêt à se faire lire à une amie très sagace.
    – de bien engager les prépas des cours de l’an prochain car une fois finies, le temps m’appartiendra en grande partie.
    – et de lire, écrire, voir de bonnes séries (s’il y en a),
    – de fuir les fâcheux, les chaînes infos, les donneurs de leçons qui vont se déconfiner avant que l’on puisse dire ouf et nous abrutir.
    – d’écouter plus de musique

    Quant à l’écriture… comme je te comprends! Ecrire c’est un muscle, plus on l’exerce, plus on actionne la pompe aux mots, plus ils se présentent sous la plume, ils surgissent de plus en plus facilement, de plus en plus beaux, cela déclenche une vraie cascade! Y’a plus qu’à préparer son épuisette pour les recueillir! Il faut un petit rituel, du temps, une chambre à soi comme disait l’autre!

    Je me souviens, quand j’ai commencé à faire de la recherche (bien que ce ne soit pas le même genre d’écriture), j’ai écrit une dissertation pour mon directeur de thèse autour d’un film d’Agnès Varda. Il l’avait beaucoup aimée et m’avait conseillé de l’envoyer à une revue universitaire, qui l’a tout de suite accepté sans en changer une virgule. C’était mon premier article. Mais il fallut en écrire un deuxième. Et là, blocage. Je gribouillais, c’était sans forme, et pour m’aider et taire mon dégoût, je me répétais que personne ne voyait ces phrases bancales, personne n’était dans la pièce au-dessus de mon épaule pour me juger et me vouer aux gémonies… Et ça a commencé à se débloquer, je n’écrivais que pour mes yeux… j’ai endormi mes craintes ainsi. Un jour, je suis allée à Beaubourg voir une expo sur Roland Barthes. Il y avait des entretiens que l’on pouvait écouter avec des écouteurs. Et la première chose que j’ai entendue c’est Barthes qui parlait de la publication, de la paralysie de la page blanche, et qui disait que si on a été publié une seule fois, on sait qu’on peut l’être, on sait que quelqu’un quelque part a aimé ce qu’on a écrit et que c’est un miracle qui peut se répéter, il suffit de tenter sa chance. J’ai pleuré de joie! Je pense toujours à lui avant d’écrire – dans mon boulot je dois publier, tu vois la pression que ça met en plus… – je n’ai plus peur de ce magma sans forme qui sort d’abord, et depuis, j’ai publié des dizaines d’articles multiples et variés, qui me plaisent et qui ont plu, toujours et du premier coup. Et je vois toujours cela comme un petit miracle. Mon dernier qui va paraître, j’ai tenu à l’envoyer à ma revue fétiche du premier article. Quand il a été accepté, j’ai pleuré à gros sanglots. C’était un moment de bonheur incommensurable. L’article que je viens de terminer, je l’aime, je me suis éclatée en l’écrivant, cela ne me vaudra pas le prix Nobel, qu’importe?
    Ecris, fais-toi plaisir, amuse-toi, quelqu’un quelque part voudra te lire. Déjà moi en tout cas!
    « De la boue je ferai de l’or »…

    Je t’embrasse très fort! Joli dimanche!

    Aimé par 1 personne

    1. Tout d’abord, merci ❤ Pour ce commentaire, tes encouragements, ton amitié, tout.

      Je rebondis sur "s'aimer soi-même, c'est un travail de tous les jours". Je suis d'accord avec toi, c'est avant tout une nécessité et un besoin, mais je crois que le mot travail t'est venu spontanément parce que ça implique, il me semble, de faire un effort, et un effort répétitif qui plus est, l'amour de soi, ça va, ça vient, c'est fluctuant, on remet constamment l'ouvrage sur le métier, j'ai l'impression ! Tu as raison, c'est un dialogue, un tango, une lutte parfois, et oui moi aussi je les trouve merveilleux ces verbes réflexifs !

      Je te souhaite de réaliser toutes tes envies et de passer un très beau mois de mai ❤

      Et je te remercie de partager tes expériences d'écriture avec moi, cela va beaucoup m'aider, je pense. Le problème, c'est que j'ai été publiée très jeune et que, suite à cela, j'ai perdu le goût de l'écriture, je me mettais une pression pas possible pour produire des textes publiables, mais je ne les trouvais jamais assez bons, et j'ai fini par jeter l'éponge. Ouvrir un blog, tenir un journal, m'a permis de retrouver le plaisir d'écrire, mais je fuis la fiction depuis presque 20 ans et ça me pèse. Même si personne ne ne devait les lire, j'ai besoin de reprendre ces histoires que j'ai dans la tête pour retrouver ce plaisir-là, celui de donner vie à des personnages et de passer du temps dans leur monde.

      Moi aussi je t'embrasse fort. Bon dimanche ❤

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  3. Hello les amies ! Oh Isa je suis désolée de te savoir pas bien…
    Merci pour ces beaux échanges 🙏💕, c’est vrai bonheur de lire et partager ces réflexions profondes.
    J’aime l’image du tango d’Agnès pour l’apprentissage de soi (mission de toute une vie, certains y arrivent tôt, certains tard, beaucoup jamais, mais pas nous hein…). Oui, on danse le tango, on virevolte parfois trop vite, parfois c’est les co-danseurs qui collent pas, parfois on ralentit parce qu’on en peut plus, parfois on se pète un talon, on répare, on remonte en scène comme on peut. Çà demande une énergie de dingue sans qu’on s’en rende compte. Quand on est trop fatigués, c’est qu’il y a un truc qui colle pas dans la danse, on doit repiocher dans l’énergie qui nous reste pour trouver quoi précisément, c’est dur, y a de quoi renoncer, beaucoup renoncent (c’est là que j’ai remarqué que les activités créatives aident énormément pour y voir clair et remonter).
    C’est pas simple mais c’est merveilleux, c’est selon moi signe de vie riche. J’ai mis du temps à piger qu’il fallait être un peu égoïste pour y arriver, savoir dire non pour respecter ses besoins propres (et se faire respecter).
    C’est souvent difficile mais çà doit pas être une lutte, du moins permanente. Si des pensées sombres nous freinent trop fort et longtemps alors oui, consulter un psy est pertinent pour « re-driver » les pensées qui ont pris un mauvais chemin, suivant certains schémas (légués bien souvent par nos aïeux tu as raison Agnès, parfois par des traumas, petits ou grands…). Ce qui fonctionne très bien Isa dans ces cas-là, c’est la thérapie cognitive. Sur le site de l’AFTCC (Association Française de Thérapie Cognitive et Comportementale), il y a la liste des thérapeutes dans chaque département de France, et dans le monde. Après, il est vrai que le feeling compte énormément aussi (parfois bien plus que « l’obédience » comme disent mes collègues psy, moi je déteste ce terme et ces luttes de courants qui malheureusement existent encore dans mon métier de formation -pas du tout de coeur mais c’est une autre question-, je m’égaaaaaare !!!). Bon, j’vous ai fait un ptit roman, là….des bises !

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  4. Mes envies du mois : recommencer à avoir des contacts mes parents, acheter La théorie du donut, relire Le pouvoir du moment présent, revoir ma psy… Comme je lui disait je ne suis pas en détresse psychologique… mais c’était en annulant mon dernier rdv pour cause de confinement… j’ai vraiment hâte de la revoir… faire quelques aménagement dans la maison : je voudrais mettre la commode de « ma » pièce dans notre chambre et la remplacer par un vieux meuble année 50 qui prend les poussières et l’humidité dans ma cave depuis… euh… ben au moins depuis 43 ans car je l’ai toujours connu là ! Et puis soyons fou, je voudrais aussi installer des fils sur le mur du jardin qui me sépare de notre voisin bruyant et très grand : marre de voir sa tête passer ! En plus ce sera l’occasion de planter une glycine, plante n°2, après le lilas, que je voulais au jardin…
    Je t’embrasse Isa ❤ Tu es quasi mon seul lien avec l'écriture… alors, du fond du <3, merci !

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  5. Comme toi :envie d’écrire mon histoire familiale même si ce n’est pas bon, même si ça me semble insurmontable : je ressens ce besoin viscéral d’aller au bout.
    Avancer dans mon cheminement même si j’avance comme un escargot essoufflé.
    Ajouter un peu de cardio à mon programme yoga
    Plus de copines….
    Finir deux ou trois bricoles.
    Et résoudre mes crampes au ventre et autres désagréments digestifs…..
    Je te souhaite le plus doux, le plus tendre, le plus joyeux mois de mai de l’univers 🙂

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