Développement personnel

Où il est question de l’enfant intérieur

Wild Unknown Tarot 6 of Cups

J’ai toujours beaucoup de mal avec la notion « d’enfant intérieur » et notamment l’idée qu’il faut « guérir » ou « protéger » cet enfant. Intellectuellement, je comprends le raisonnement et le processus. Dans la pratique, c’est moins évident. Il me semble avoir déjà fait un gros travail sur moi pour soigner les blessures de l’enfance. Ai-je pour autant le sentiment ou la sensation d’être en paix avec mon enfant intérieur ? Pas sûr… Cela fait quelques mois déjà que j’ai l’impression que je dois me reconnecter, non pas à l’enfant blessée que j’ai pu être, mais à l’enfant que j’ai été AVANT les traumas, la toute petite fille souriante et pleine de vie qui aimait chanter, danser et se raconter des histoires.

Et voilà que ce matin, en répondant dans mon journal à la question posée par Danielle LaPorte dans Heart Centered : « Qu’avez-vous envie de changer intérieurement ce mois-ci ? », j’ai eu une espèce de révélation. Comme souvent, j’ai tiré une carte de tarot car cela m’aide à organiser ma réflexion et surtout ça me permet de me connecter à mon intuition et de la laisser me guider. Voici ce que j’ai écrit dans la foulée :

« Retrouve la joie, l’innocence et la confiance que tu avais quand tu étais petite. Ce sont elles les fondations sur lesquelles tu as bâti ta jeune vie, ET NON PAS LES TRAUMATISMES QUE TU AS VÉNÉRÉS PENDANT DES ANNÉES. (Je vous jure, ces mots ont jailli dans ma tête avec une telle force que des majuscules s’imposaient.) Notre société accorde bien plus de valeur à la résilience qu’à la confiance et à l’innocence. Nos blessures sont considérées comme des médailles. MAIS CE SONT DES CONNERIES. Bien sûr, tu peux te féliciter d’avoir survécu à tes traumatismes et de les avoir soignés. C’est héroïque, n’en doute pas. Mais te souviens-tu qui tu étais avant que la vie te pousse à accomplir le voyage du héros ? Redécouvre tes racines, cette joie et cet émerveillement, et prends-en soin. Laisse cette belle énergie colorée circuler dans ton corps guéri et fort et souviens-toi que ton Enfant Intérieure n’est ni effrayée, ni brisée, elle est heureuse et malicieuse et elle laisse son cœur la guider (plutôt que ses peurs). »

14 commentaires sur “Où il est question de l’enfant intérieur

  1. Merci pour ce texte. Je déteste cette expression et bien sûr je sais pourquoi. Je travaille sur mon histoire, mais quand le traumatisme s’est produit à la naissance suivi d’un autre à 9 ans et accompagné d’une famille dysfonctionnelle, l’enfant confiant n’a pas existé ou en tout cas est bien enfoui. Sur quoi s’appuyer alors ?

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    1. C’est une bonne question, et je ne suis sans doute pas la mieux placée pour y répondre, malheureusement. Peut-être faut-il chercher du côté de ton potentiel, ce que tu aurais pu être sans ces traumatismes, ce que tu es au-delà d’eux ? Tu peux peut-être explorer le sujet par écrit, en commençant par : « Si je n’avais pas vécu tel et tel événement, que serais-je devenue, comment aurais-je grandi ? » et voir ce que ton intuition te répond. Ce serait intéressant de voir quelle est la première image ou le premier mot qui te vient à l’esprit quand tu te poses cette question. Et je t’encourage fortement à en parler avec un-e thérapeute si ce n’est pas déjà fait. Bon courage ❤

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  2. Bonjour Isabelle! J’ai été très émue en lisant ce billet. À chaque fois que j’entends parler d’enfant intérieur, je pense à une photo de moi, je devais avoir 6 ans, gambadant, guillerette, parmi des ruines romaines, avec arc de triomphe, colonnes, mosaïques et herbes folles en toile de fond. Je sais que cette petite fille, coquine, vibre en moi, je sais qu’elle est là, et je vais te dire pourquoi. Elle est à la fois ma source et mon but. Un été, un été parfait, j’étais chez ces amis, dont je parle souvent, dans le Luberon. Je nageais dans leur piscine pendant des heures tous les jours. Un jour, entre deux brasses, j’ai soudain pensé: cette eau, ce soleil, cette douceur de vivre, cette envie de rire, cette confiance que demain sera aussi doux qu’aujourd’hui, cette absence de crainte, cette innocence… cela me rappelle quelque chose: mon enfance. Au beau milieu de cette piscine, sous ce soleil provençal brûlant, dans des odeurs de thym et de farigoulette, c’est comme si toutes les peurs se dissolvaient, comme de la cire, laissant apparaître cette enfant qui s’ébrouait dans d’autres piscines ou dans la Méditerranée, confiante, aimant rire aux éclats, connue d’ailleurs pour ses rires stridents et ses espiègleries. Il y a eu comme un télescopage de temps. C’est comme si elle me tendait la main à travers le temps et me disait: n’aie pas peur! Et je n’ai de cesse de la retrouver. Dès que je me sens bien, ce rire tonitruant revient. Alors, ce que j’ai envie de changer intérieurement ce mois-ci, c’est que pour qu’elle puisse s’exprimer librement, il faut que l’adulte que je suis devenue, et qui a toujours su mener sa barque, cesse d’avoir peur de ne pas pouvoir gérer les écueils de la vie. Je sens vraiment, à l’heure de reprendre le boulot, au milieu de ces incertitudes, et des mauvaises nouvelles, qu’il faut me réserver des jours-cocons, des bulles d’innocence.
    Je n’ai pas à la guérir cette enfant, elle est pleine de vie, elle est gaie, elle est charmante, elle n’a peur de rien… (pourtant elle devinait bien que tout n’était pas rose dans la famille), c’est plutôt le contraire!
    Peut-être ce que je dis n’a pas de sens…
    Merci! Joli samedi!

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    1. Je viens de penser qu’il ne fallait pas qu’elle envahisse tout, mais que tout ce petit monde qui nous construit – voir Proust- se parle, interagit, se tienne chaud, se tienne debout!
      Encore merci Isabelle… j’ai sorti mes mouchoirs!

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    2. Oh que si, ça a énormément de sens, ça me reconnecte moi aussi à des moments solaires, des bulles d’insouciance… Merci pour ce partage qui me parle énormément et me conforte dans mon envie de me relier à cet âge où on n’avait peur de rien ❤ (Et on n'avait pas tort, après tout, puisqu'on a tout surmonté jusqu'ici.)

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  3. A propos de potentiel, j’ai été testée à 66 ans « haut potentiel » : une fille ne pouvant être dotée d’intelligence comme un garçon (!). Cela m’a amenée à une relecture totale de ma vie jusqu’alors, mais j’ai toujours du mal à y croire. Par contre, oui, je travaille sur ce que je suis au-delà des traumatismes. Je suis en thérapie avec enfin quelqu’un qui entend ce que je dis (j’en ai usé beaucoup) !

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    1. Ah les croyances limitantes, c’est terrible… Je suis heureuse de savoir que tu peux parler de tout ça à quelqu’un qui t’entend et qui t’accompagne sur le chemin du mieux-être !

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  4. Isa, c’est très vrai, ce que tu nous partages, là, du moins je crois. Je crois qu’on est toujours l’enfant que l’on a été, mais que la vie, les croyances, les pensées, les conditionnements culturels et les épreuves nous en éloignent car il faut s’adapter. On est comme une tige malmenées par les vents, petits ou grands, et on cherche en permanence à stabiliser la tige, à revenir à ce qu’on est fondamentalement. On parvient à faire fi du vent lorsqu’on se connait bien, qu’on respecte ses besoins, sa personnalité propre. Alors on s’épanouit, les pétales se deploient pleinement. Je sais pas si je suis claire mais en gros, je pense que plus on se connaît, qu’on accepte et respecte ses points forts et limites, plus on est bien. Pour moi ce n’est pas une question d’avoir LA résilience ou pas, c’est une question d’outils et de travail. Merci pour ce très bel article 💖.

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