Culture

[Lecture] Lewis Nordan – La mélancolie de celui qui vise juste

Editions Monsieur Toussaint Louverture The Sharpshooter Blues

À Attrape-Flèche, en plein bayou du Mississippi, la faune sauvage et la flore luxuriante, côtoient des êtres plus bigarrés encore : Monsieur Raney et Hydro, son fils au crâne démesuré ; un petit binoclard grassouillet passionné de comics, prénommé Louis ; un shérif bonne pâte et sa sublime épouse ; un fossoyeur revenu d’entre les morts ; et Morgan, l’as de la gâchette et fierté de la ville, qui vit avec sa mère adoptive, diseuse de bonne aventure. Ce merveilleux microcosme se retrouve bousculé le jour où deux tueurs pervers et sans pitié – de si gentils enfants pourtant –, venus braquer la station-service où travaille Hydro, se font abattre. Les habitants d’Attrape-Flèche parviendront-ils à retrouver leur paix intérieure et le chemin qui leur permettra de percer dans le show-business ?

Voilà un roman que j’ai dévoré en quatre jours, happée que j’étais par son atmosphère singulière, ses descriptions de nature envoûtantes et ses personnages tous plus touchants les uns que les autres. L’écriture est sublime et la traduction particulièrement soignée, au service d’un texte poignant qui étudie l’impact d’un événement déclencheur, le braquage d’une station-service, sur les membres d’une petite communauté du Sud profond des Etats-Unis. La mort des deux braqueurs a des conséquences dévastatrices pour certains, alors qu’elle permet une certaine forme de rédemption chez d’autres. Mais ce qui est sûr, c’est que personne n’est épargné, ce qui montre bien à quel point nous sommes tous interdépendants, surtout dans un endroit où tout le monde se connaît.

La mélancolie de celui qui vise juste raconte le chagrin, l’amour, l’amitié, la différence et la tolérance et illustre parfaitement cette capacité que nous avons de faire des choix et de nous élever au-dessus de nos plus bas instincts. La tragédie se tisse au fil des pages dans la moiteur du bayou et pourtant, même si on est triste pour un personnage en particulier, on referme ce livre le cœur empreint de tendresse et d’espoir. Certes, Lewis Nordan ne nous épargne pas la noirceur de l’humanité, mais il nous la montre aussi dans ce qu’elle a de plus beau, et c’est pour ça que je vous recommande vivement son roman !

Cette lecture me permet de valider une des catégories du Pumpkin Autumn Challenge 2021, « Double, double, toil and trouble », dans le menu « Automne frissonnant ».

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