Culture

[Coup de cœur lecture] Virginie Grimaldi – Les Possibles

J’ai connu Virginie Grimaldi quand elle tenait le blog Femme Sweet Femme, mais je n’avais encore jamais lu l’un de ses romans malgré son immense succès littéraire. (Je rappelle qu’elle est aujourd’hui l’autrice la plus vendue en France.) Je remercie donc mon amie Armalite d’avoir choisi Les Possibles pour inaugurer le book club qu’elle a créé au mois de juin. Ca m’a permis de découvrir une Virginie Grimaldi aussi drôle et attachante qu’à l’époque de son blog, avec une écriture que je n’ai trouvé superficielle qu’en apparence. Superficialité et légèreté, c’est ce que beaucoup lui reprochent, et je peux comprendre. Mais comme je me souvenais des confidences de l’autrice, j’ai cru déceler une part autobiographique dans Les Possibles. Je peux me tromper mais, de ce fait, je trouve son écriture sincère et poignante.

Juliane n’aime pas les surprises. Quand son père fantasque vient s’installer chez elle, à la suite de l’incendie de sa maison, son quotidien parfaitement huilé connaît quelques turbulences. Jean dépense sa retraite au téléachat, écoute du rock, tapisse les murs de posters d’Indiens, égare ses affaires, cherche son chemin. Juliane veut croire que l’originalité de Jean s’est épanouie avec l’âge, mais elle doit se rendre à l’évidence : il déraille. Face aux lendemains qui s’évaporent, elle va apprendre à découvrir l’homme sous le costume de père, ses valeurs, ses failles, et surtout ses rêves. Tant que la partie n’est pas finie, il est encore l’heure de tous les possibles.

Pour être tout à fait honnête, oui, j’ai eu un peu de mal à entrer dans cette lecture au début parce que oui, je trouvais qu’elle manquait un peu de substance. Et puis j’ai commencé à me reconnaître dans ce portrait de femme débordée qui doit notamment gérer un enfant différent et un parent vieillissant et malade. J’ai trouvé le ton tellement juste que je me suis mise à corner plein de pages à cause de petites phrases qui faisaient mouche. (Si vous venez de pousser une exclamation d’horreur, sachez que je ne fais jamais ça d’habitude. Mais bon, s’agissant d’un poche à 8,20 euros, j’espère que vous me pardonnerez l’affront !)

La première page que j’ai cornée, c’est celle du chapitre où Juliane part faire du jogging. L’autrice nous plonge directement dans la tête de son héroïne et nous montre comment, au fil de sa course et de sa respiration, le flot de ses pensées s’apaise, et elle trouve le calme dont elle a si cruellement besoin. Ca m’a beaucoup plu.

Ensuite, j’ai noté ce passage où Juliane explique qu’elle a vécu une relation amoureuse toxique : « Pauvre fille » était devenu mon patronyme. Il me caressait avec du papier de verre, et je le remerciais. Je me sentais chanceuse qu’il daigne m’accepter dans sa vie. Il m’a tout pris, même la rupture. Il m’a quittée salement, comme il m’a aimée, finalement.

Parmi les petites phrases qui m’ont touchée en plein cœur, citons pêle-mêle :

  • C’est déchirant de conjuguer son père à l’imparfait.
  • Je le rencontre enfin, au moment où il s’éclipse.
  • Mon père me manque alors qu’il est encore là.

(Si vous pensez que le choix de ces phrases en dit beaucoup sur moi, vous n’avez pas tort…)

J’ajouterai que j’ai beaucoup aimé le fait que Juliane et sa sœur, face à la maladie, décident d’aider leur père à réaliser son plus vieux rêve. D’abord, je ne pouvais que me réjouir de faire un road-trip aux Etats-Unis, ne serait-ce que par procuration ! Et puis, comme j’ai assez peu d’espoir de revivre des moments aussi complices avec la famille dont je suis issue, ça m’a fait du bien de les toucher du doigt dans un livre. La lecture est une forme de catharsis, c’est bien connu…

Cette lecture me permet de valider une des catégories du Shiny Summer Challenge, « Brûlant d’amour », dans le menu « Chaud et ardent », puisqu’il fallait lire un livre mettant en scène l’amour sous toutes ses formes. De fait, Les Possibles est une très belle histoire d’amour entre un père et ses filles !

9 commentaires sur “[Coup de cœur lecture] Virginie Grimaldi – Les Possibles

  1. Bonjour Isa,
    Tu m’as donné envie. Je ne suis pas fan de lectures dites « légères » mais je ne trouve pas que les romans de Virginie Grimaldi rentrent dans cette catégorie. Elle sait parler de sujets sérieux voir douloureux avec beaucoup de tact et une certaine sagesse, celle de ceux que la vie n’a pas épargnés.
    Et je trouve également que ses livres nous offrent un autre regard sur nos blessures et nos chemins de vie!

    Aimé par 1 personne

  2. Rassure toi, je fais tout le temps des croix dans mes livres, je souligne, j’écorne….et ça rend le castor malade !
    Tu parles de ce livre avec beaucoup de respect -alors que souvent il est bon de dénigrer ces auteures dites légères. J’aime cette bienveillance chez toi.
    Les phrases que tu as épinglées résonnent aussi en moi.
    Beau week-end…..

    Aimé par 1 personne

    1. Je ne pourrais pas tous les écorner, la plupart du temps, je les revends ! Mais là, quand j’ai compris que celui-ci, j’allais le garder, je m’en suis donné à cœur joie ! 😀
      Je t’embrasse et je te souhaite un excellent week-end moi aussi ❤

      J’aime

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