Culture

[Lecture indispensable] Brené Brown – Le Pouvoir de la vulnérabilité

Brené Brown Daring Greatly

« Ce n’est pas le critique qui compte, ni celui qui montre du doigt l’homme fort qui trébuche, ou qui explique comment untel aurait pu mieux faire. Tout le mérite revient à l’homme qui se trouve au milieu de l’arène, le visage couvert de sueur, de poussière et de sang, celui qui lutte vaillamment, qui se trompe et qui échoue, encore et encore – car il n’y a pas d’effort sans erreur ni échec – mais qui agit quand même, qui éprouve de grands enthousiasmes et de grandes dévotions, qui se consacre à une noble cause, qui connaîtra, au mieux, le triomphe de l’accomplissement et qui, au pire, s’il échoue, aura tout de même grandement osé. »

C’est par cette citation extraite du célèbre discours de Theodore Roosevelt, L’homme dans l’arène, que Brené Brown ouvre son livre Le Pouvoir de la vulnérabilité. Et si je me permets de recopier ici cette citation et de la traduire (n’ayant pas la version française du livre sous la main), c’est parce qu’elle contient l’essence de la démonstration de l’autrice, à savoir que la vulnérabilité n’est pas une preuve de faiblesse, mais une marque de courage.

Cependant, ne voyez pas dans ce livre un énième guide de développement personnel. Comme je l’ai déjà écrit dans ma chronique d’Atlas of the Heart, Brené Brown est chercheuse en sciences sociales. Elle n’est pas là pour vous dire comment vous devez vivre, mais ce qu’elle a observé. Ses écrits sont le fruit de ses recherches sur les émotions humaines et s’appuient sur les données récoltées au cours de milliers d’entretiens avec des gens de tous les horizons.

Il en ressort notamment que la honte est une des émotions les plus destructrices qui soit et que les humiliations subies au sein du milieu familial, à l’école ou au travail mettent sérieusement à mal notre capacité à prendre des risques et à nous ouvrir aux autres. Brené Brown déplore la culture de la honte en vigueur à l’école et dans de nombreuses entreprises et propose des clés (en fin d’ouvrage) pour « réhumaniser » le système.

Personnellement, ce que je retiens de ce livre, c’est que quelle que soit la raison qui nous pousse à nous protéger (la peur de l’humiliation, donc, ou du rejet, ou de l’abandon, entres autres), le refus de se montrer vulnérable entraîne une forme de déconnexion avec autrui. Or, je me suis rendu compte ces derniers mois que l’élément auquel je tiens le plus au sein de mon couple, c’est cette connexion incroyable qu’il y a entre mon amoureux et moi. J’ai compris également que quand on se dispute, c’est souvent parce que j’ai l’impression que la connexion n’est plus là et que je cherche à la rétablir par tous les moyens, y compris l’affrontement.

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de mettre en pratique ce que j’ai appris. Mon amoureux a fait quelque chose qui m’a déplu parce que c’est venu titiller ma vieille blessure d’abandon. (Compte tenu des soucis que j’ai eus cet été avec ma famille d’origine, il n’en faut pas beaucoup pour la raviver en ce moment.) J’ai commencé par me fermer complètement et j’ai rapidement coupé court à notre conversation téléphonique. Puis j’ai ressassé l’incident, ce qui aurait pu déboucher, avant ma thérapie et maintenant cette lecture, sur une dispute. Mais j’ai compris que mon amoureux n’était que l’élément déclencheur et que ma réaction était totalement disproportionnée. J’éprouvais une sensation désagréable au niveau du cœur mais, quand j’ai rappelé mon amoureux pour lui expliquer ce qui se passait dans ma tête et lui avouer que j’étais consciente de surréagir, le poids s’est dissipé.

Cette sensation que je connais bien, j’ai compris que c’est – chez moi en tout cas – la manifestation physique de ce que Brené Brown appelle dans son livre « le frisson de vulnérabilité ». J’aurais pu me draper dans ma dignité offensée et provoquer une dispute. Mais j’ai consciemment décidé de m’ouvrir et de partager ce que je ressentais. J’ai choisi de me montrer vulnérable. Non seulement on ne s’est pas disputés, mon amoureux et moi, mais l’incident est venu renforcer encore un peu plus notre connexion. Et je sais à présent ce que je dois faire quand j’ai cet espèce de poids sur le cœur. Comme je l’ai écrit lundi, visiblement, je ne peux pas me forcer à être bienveillante, par contre, je peux arriver à exprimer ce que je ressens sans agresser la personne en face. J’imagine que ça ne marchera peut-être pas à tous les coups, mais c’est déjà une grande victoire personnelle.

Je ne peux donc que vous encourager à lire Le Pouvoir de la vulnérabilité en espérant que vous y trouverez vous aussi des clés pour mieux vous comprendre. A défaut, je vous garantis que vous vous reconnaîtrez dans certains des témoignages, ce qui est très salutaire aussi. (Pour conclure sur un dernier exemple, je me suis reconnue dans le passage sur le perfectionnisme, mais aussi dans la tendance à toujours envisager le pire. Ah bon, je ne suis pas la seule à imaginer systématiquement des scénarios catastrophes ? Quelque part, ça me rassure…)

Cette lecture me permet de valider une deuxième fois la catégorie « La flamme intérieure » (essai, documentaire et enrichissement personnel) dans le menu « Orage d’été » du Shiny Summer Challenge.

4 commentaires sur “[Lecture indispensable] Brené Brown – Le Pouvoir de la vulnérabilité

  1. « La honte est une des émotions les plus destructrices qui soit et que les humiliations subies au sein du milieu familial, à l’école ou au travail mettent sérieusement à mal notre capacité à prendre des risques et à nous ouvrir aux autres.  » Ce passage me parle tellement…
    Merci pour la découverte de ce livre et d’avoir partagé ce qu’il t’a apporté, car ça donne beaucoup de force à ton avis.

    Aimé par 1 personne

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