Culture

[Lecture] M.C. Beaton – Qui prend la mouche (Hamish Macbeth #1)

Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes. Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière. Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Je vous avais fait part, il y a quelque temps, de mon envie de découvrir les fameux cosy mysteries dont j’entends beaucoup parler dans les (nombreux) challenges littéraires auxquels je participe. Et s’il y a bien un nom d’écrivain.e qui rime avec cosy mysteries, apparemment, c’est celui de M.C. Beaton. C’est bien simple, même moi qui délaissais le genre policier depuis trrrrèèèès longtemps, je connaissais l’existence de son héroïne Agatha Raisin qui squatte effrontément les têtes de gondole des librairies et des supermarchés. Et mon amie Audrey a eu un véritable coup de cœur pour sa série Les enquêtes de Lady Rose.

Seulement voilà, puisque je ne fais jamais rien comme tout le monde, je n’ai jeté mon dévolu ni sur Agatha, ni sur Lady Rose. J’ai préféré partir dans un petit village écossais à la rencontre d’Hamish Macbeth, qui est un héros beaucoup plus sympathique que son célèbre homonyme dont il ne faut pas prononcer le nom. (Les acteurs anglophones parlent de « the Scottish Play », la « pièce écossaise », car il paraît que ça porte malheur de prononcer le nom « Macbeth » dans un théâtre. J’adore cette superstition !) Hamish, donc, est un brave homme. On lui reproche son manque d’ambition, mais il adore son métier, il adore son village et il serait tout à fait content de son sort s’il n’en pinçait pas pour la fille du noble local, forcément inaccessible.

Mais ce qui nous intéresse dans ce premier tome, outre la présentation du héros, des personnages récurrents qui gravitent autour de lui et du village de Lochdubh qui est presque un protagoniste à part entière, c’est tout de même de savoir qui a tué Lady Jane Winters, l’horrible vieille dame qui s’amusait à tourmenter les autres participants de son stage de pêche à la mouche. Evidemment, tout le monde prend Hamish Macbeth de haut, et Scotland Yard dépêche sur place l’un de ses meilleurs limiers, car nul ne s’attend à ce qu’un flic de province résolve une affaire aussi délicate. Sauf qu’Hamish est bien plus perspicace qu’il n’y paraît, d’autant que les gens ne se méfient pas et se confient facilement à lui, au risque de trop lui en dire…

Alors oui, Qui prend la mouche mérite bien le qualificatif de cosy mystery parce que c’est un roman douillet comme un épisode de ces séries policières anglaises qui passaient le dimanche soir sur France 3 et que ma mère adorait. C’est bien écrit, les chapitres défilent tout seuls, le décor prend vie, les personnages sont sympathiques ou antipathiques à souhait, et je dirais bien qu’on en a pour son argent si je ne trouvais pas que 14 euros, c’est horriblement cher pour un semi-format qui aurait fait un livre de poche tout à fait convenable. (Mais bon, ça fait plus de droits d’auteur pour la traductrice, et ça c’est cool.)

J’ai envie d’écrire que c’est un peu moins haletant et fouillé qu’un Agatha Christie mais 1) il faudrait que je relise du Agatha Christie parce que mine de rien j’en ai pas ouvert un depuis 30 ans et j’étais moins exigeante quand j’étais ado et 2) j’ai quand même lu Qui prend la mouche en deux sessions de quelques heures à peine. Et honnêtement, ce que je lui reproche le plus, ce sont deux-trois commentaires à propos d’un personnage féminin à la fin du bouquin qui ont fait hurler la féministe en moi. En découvrant l’âge de l’autrice, je comprends mieux, on n’est vraiment pas de la même génération. (M.C. Beaton est née en 1936 et s’est éteinte en 2019.) Mais bon, c’est pas une excuse, hein.

Je donnerai quand même une deuxième chance à cette autrice quand j’aurai envie d’une lecture légère parce que dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment. (Je ne sais pas encore si je poursuivrai la série ou si j’essaierai une des deux autres.) Mais si d’autres remarques misogynes me restent en travers de la rétine, j’irai chercher ailleurs ma dose de cosy mysteries !

J’ai lu ce livre dans le cadre du Challenge British Mysteries. Concernant le bingo qui accompagne ce challenge, Qui prend la mouche me permet de cocher la case « Vacances (in)tranquilles » !

3 commentaires sur “[Lecture] M.C. Beaton – Qui prend la mouche (Hamish Macbeth #1)

  1. Merci pour ton partage lecture Isa, je suis toujours adepte de nouvelles découvertes!
    Je connais l’auteur de nom mais je n’ai jamais lu ses livres. C’est peut-être l’occasion de commencer.
    Belle fin de journée et Excellent weekend à venir

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai récemment lu deux bons vieux polars bien classiques et bien british de P.D James : j’ai pris mon pied. Mais je tenterais bien cette nouvelle vague de cosy mysteries (leur couvertures sont souvent très alléchantes) quand j’aurai besoin de bien me détendre même si je réserve souvent ce genre de lecture aux froides et sombres journées d’hiver.
    Quand j’étais ado, j’adorais une série publiée chez 10/18 qui tournait autour d’un chat et les titres farfelus commençaient toujours par « Le chat qui ….. »
    Merci pour tes billet bouquin …..

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