[Méditation] Accepter ses émotions

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Je sors d’une méditation que j’ai envie de vous raconter parce qu’elle m’a vraiment appris quelque chose. Quand je me suis assise, j’étais bouleversée. Intérieurement agitée, émotionnellement perturbée. Pour vous expliquer rapidement le contexte, tout se passe très bien entre mon amoureux et moi, sauf que notre relation me met parfois face à de vieux traumas, et notamment ma peur de l’abandon.

Pour la petite histoire, mon père partait travailler toute la semaine loin de nous, et je ne le voyais que le week-end. Sur le moment, j’ai eu l’impression de bien le vivre mais, quand je suis arrivée à l’âge adulte, je me suis dit que jamais je ne revivrais le même cas de figure dans mon couple. Je m’y refusais catégoriquement. Certains d’entre vous connaissent déjà la suite. Il y a deux ans, j’ai passé sept mois toute seule en Bretagne avec mes enfants. Et, après ma séparation, quand je me suis mise en couple avec mon amoureux, l’une des premières choses que je lui ai dites, c’est : « Je ne veux surtout pas vivre avec toi. » (Je suis très délicate, parfois.) Il s’avère que je suis aussi indépendante et que j’ai autant la bougeotte que mon père ou mon chéri. (Il n’y a qu’à voir tous les voyages que j’ai effectués depuis mars de l’année dernière.)

Seulement, autant je le vis bien quand c’est moi qui pars (évidemment), autant je le prends parfois plus mal quand c’est mon amoureux qui s’en va. Comme je ne suis pas tendre avec moi, surtout en ce moment, je suis la première à reconnaître que c’est aussi injuste que ridicule. (Voire carrément stupide quand je m’en veux vraiment de ma réaction.) Alors que je viens de passer 48 heures seule et que ça m’a fait un bien fou, l’annonce de sa prochaine absence a réveillé une tempête d’émotions. En toute honnêteté, je ne sais vraiment pas pourquoi. C’est moi qui extrapole en reliant ça à ma peur de l’abandon mais, tant que je n’aurais pas consulté de spécialiste (ce que je ferai dès que j’aurai le permis, on m’a parlé d’une super thérapeute à Aix en Provence), je suis bien obligée de me débrouiller toute seule.

Honnêtement, quand je me suis assise pour méditer, je n’y croyais pas une seconde. J’étais vraiment perturbée, du coup, je ne pensais pas réussir à me concentrer et encore moins à me calmer. Mais c’était ça ou m’occuper pour essayer de me changer les idées, ce qui n’aurait absolument pas marché et potentiellement mené à une dispute. (C’est déjà arrivé.) Alors, au lieu de fuir mon émotion, j’ai décidé de l’accueillir, comme on vous l’apprend dans la méditation de pleine conscience. Tout en suivant ma respiration (inspire… expire… inspire… expire…), j’ai fait comme si j’étais spectatrice, comme si je me voyais, de l’extérieur, en proie à cette émotion. Et, au lieu de me faire des reproches, de m’en vouloir pour cette réaction, je me suis envoyée de la compassion et de la compréhension. Je me suis dit que j’avais le droit de ressentir ça, que ce n’était pas grave, que ça allait passer. Et vous savez quoi ? Ça a marché. Je me suis calmée. Pour de vrai. Je n’en revenais pas moi-même.

La respiration y est, bien sûr, pour beaucoup. Mais quand le mental est vraiment agité, je peux respirer autant que je veux, ça va me faire du bien sur l’instant, mais il ne s’agit que d’un calme superficiel. Alors que là, j’ai vraiment réussi à faire face à cette émotion. Sit with your feelings, sit with your discomfort, nous dit-on dans les exercices de pleine conscience. J’ai bel et bien accepté cet inconfort, ce malaise, je n’ai pas cherché à le fuir, je l’ai accueilli, et il a fini par se dissiper.

Alors j’ai voulu partager ça avec vous. Si, comme moi, vous méditez et vous étudiez la pleine conscience, vous en avez peut-être marre des conseils que vous comprenez en théorie mais que vous n’arrivez pas forcément à mettre en pratique. Du coup, ça me paraissait important de vous dire : « Non mais, en vrai, ça fonctionne ! » Et puis, mine de rien, il s’agit d’une petite victoire sur moi-même, et je voulais en garder une trace, pour me rappeler comment faire, la prochaine fois 😉

Illustration trouvée sur Pinterest.


21 réflexions sur “[Méditation] Accepter ses émotions

  1. C’est intéressant ce que tu dis, c’est ce que Coyote a fait avec moi à ma dernière consultation. Il m’a fait visualiser ma colère et mes frustrations pour mieux les apprivoiser. ça ma fait un bien fou, sauf que là, deux semaines plus tard, j’aurais dû tenter ça mais je n’y ai même pas pensé. Résultat, j’ai eu une discussion houleuse avec mon chef et je me sens dans une impasse.

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    1. Tu sais, la chance que j’ai eue, c’est que j’étais seule au moment où l’émotion a jailli, et j’ai pu prendre le temps de méditer. C’est très difficile de maîtriser ses réactions à chaud. Je pense que ça vient avec la pratique – et je n’en suis pas encore là, loin s’en faut. Ne t’en veux pas de la manière dont tu as réagi, c’est très humain.

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  2. Merci pour ce retour… C’est bête à dire mais je n’y aurait jamais pensé ! Pourtant, il y a quelque temps, je me suis dit, pour moins mal prendre ce qu’une personne pouvait penser de moi, qu’elle avait le droit de penser ça, que ce n’était pas une attaque personnelle contre moi mais des émotions/sentiments humains… Il parait qu’on est parfois dur avec soi-même… Ben voilà, je n’aurais pas appliqué ces principes à mes propres émotions…
    Bisous ❤

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    1. C’est vrai qu’on a tendance à donner aux autres des choses qu’on ne s’accorde pas à soi-même. Mais l’auto-compassion est aussi vitale que le self-love ou le self-care. Seulement, c’est très difficile, parce que notre premier réflexe, c’est de nous faire des reproches. (Je ne sais pas vraiment d’où nous vient ce conditionnement, d’ailleurs. L’éducation, la société ?) Seulement, se reprocher ce qu’on ressent, ce n’est pas accueillir l’émotion, c’est la repousser, voire la nier. Et c’est vrai finalement qu’en faisant ça, on la renforce, on lui donne plus d’impact. Alors que, paradoxalement, quand on s’ouvre à ce qu’on ressent, l’émotion se dissipe bien plus vite. J’ai lu une super BD là-dessus qui explique très bien le phénomène : https://www.pourpenser.fr/bd-ou-presque/340-emotions-enquete-et-mode-d-emploi.html Vraiment, je te la conseille.

      Bisous ❤

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  3. Je découvre ton blog avec plaisir. Moi-Même pratiquante de la médiation, il m’arrive parfois en effet de sentir mes peurs, de les accueillir et ensuite y’a comme un distance qui s’installe et mon regard commence à changer sur la situation. ça vaut le coup de persévérer même quand il ne se passe « rien » ! Je dis « rien » entre guillemet car ça n’arrive jamais en fait, il se passe toujours quelque chose même si ce n’est pas à la hauteur de nos attentes.

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    1. Bienvenue 😉

      Je vois exactement ce que tu veux dire, j’explique souvent que la méditation me permet de prendre une certaine distance par rapport à mes émotions, comme si elle me donnait un délai de quelques secondes au cours desquelles j’ai le choix, ou pas, de basculer dans l’émotion (par exemple la colère). (Evidemment on se pose moins de questions quand il s’agit d’une émotion positive.)

      Et tu as raison de parler d’attentes, on me répète inlassablement, et je commence à me dire que c’est vrai, qu’il n’y a pas de méditations réussies ni de méditations ratées. Simplement, parfois, le flot mental est plus intense, plus présent, et il est plus difficile de le reléguer au second plan. Mais ça n’est pas grave, l’important c’est de persévérer 😉

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  4. J’avoue que la méditation je n’y ai jamais pensé. Pourtant j’ai moi aussi parfois des réactions démesurées (qui n’en a pas?) que je trouve ridicules après coup… Gérer ses émotions c’est pas toujours facile!

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    1. Absolument, et je crois qu’il ne faut pas être trop durs avec nous-mêmes, c’est l’apprentissage de toute une vie ! Si tu as envie de découvrir la méditation, tu peux tester le programme de Petit Bambou, c’est gratuit les premiers jours, ou chercher des méditations guidées sur You Tube.

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  5. Super article !
    Je réalise depuis que je suis avec mon amoureux (presque 2 ans), que je souffre d’une peur de l’abandon paralysante (peut être du à une séparation difficile, une séparation de ma mère à la naissance, peu importe la cause). Je suis restée 5 ans célibataire, et ne m’attachais pas, je me croyais très indépendante. Mais ..en fait non !
    J’en souffre tellement que cela m’amène parfois à me faire physiquement mal tout en comprenant à quel point mes réactions sont complètement démesurées. Parfois j’arrive à me calmer comme tu l’as fait, parfois non.
    Je sais qu’il faut que je pratique la méditation de manière bien plus intensive, c’est ma porte de sortie.

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    1. Tu sais, je crois qu’on peut être les deux, c’est juste qu’on ne sait pas comment concilier notre envie d’indépendance et notre peur de l’abandon. La méditation peut aider, tout comme d’autres formes de thérapie. Est-ce que tu vois quelqu’un pour t’aider à gérer cette souffrance ? Si tu as besoin, on peut se parler par mail ou par mp. En tout cas, je te souhaite d’arriver à trouver le calme en toi pour ne plus te faire de mal.

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